La commission Charbonneau

Tremblay : un souvenir d'abord « banal », dit Dumont

Le reportage de Catherine Kovacs

L'ex-organisateur politique d'Union Montréal Martin Dumont a maintenu sa version des faits sur l'ensemble des éléments de son témoignage devant la commission en octobre dernier, exprimant sinon, à nouveau, ses regrets pour l'histoire inventée des 850 000 $.

L'avocat d'Union Montréal, Me Michel Dorval, qui le contre-interrogeait, a tenté de mettre au jour des contradictions entre ses propos tenus devant la commission et ceux lors de ses rencontres avec ses enquêteurs. Me Dorval a suggéré à M. Dumont qu'il avait menti sur la présence de l'ex-maire Gérald Tremblay lors de l'épisode de la double comptabilité à Union Montréal, ce dont M. Dumont s'est catégoriquement défendu.

L'avocat a souligné que la première fois qu'il a parlé de cet épisode aux enquêteurs le 12 septembre dernier, il avait omis de dire que le maire Gérald Tremblay était là, avant de se corriger la fois suivante, le 17 octobre.

Martin Dumont a dit que son souvenir s'est précisé par la suite sur cet événement survenu en décembre 2004, notamment grâce à des recherches qu'il a faites. Mais Me Dorval a dit ne pas comprendre comme il n'a pas pu se rappeler de la présence du maire la première fois.

Martin Dumont a souligné que pour lui, simplement, ce souvenir « était banal », ce qui expliquerait le premier oubli.

« M. Dumont, ce n'est pas banal », a souligné la commissaire Charbonneau.

Me Dorval l'a aussi interrogé sur l'épisode du coffre-fort dans le bureau de l'ancien argentier du parti, Bernard Trépanier. L'avocat tentait notamment de démontrer, facture à l'appui, que si le coffre ne fermait pas, ce n'est pas en raison de la quantité d'argent qui s'y trouvait, mais parce que son mécanisme était brisé. La commissaire Charbonneau a noté que cela vient corroborer la version de M. Dumont selon laquelle le coffre-fort ne fermait pas.

M. Dumont a enfin maintenu sa version des faits sur les menaces de mort qu'il aurait reçues en juin 2007 de la part de Nicolo Milioto, de Mivela Construction, alors qu'il était chef de cabinet du maire de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, Cosmo Maciocia.

Le témoignage de M. Dumont, entamé lundi avant d'être interrompu, a pu reprendre jeudi matin graçe à l'entente intervenue mercredi entre son avocate Me Suzanne Gagné et les procureurs de la commission.

Son contre-interrogatoire se poursuit cet après-midi.

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L'entente, qui a ouvert la voie au retour de Martin Dumont à la barre des témoins, prévoit également que la déclaration qu'il a faite aux enquêteurs de la commission le 11 décembre ne sera finalement pas admise en preuve.

Un débat a ensuite commencé, vers midi, sous ordonnance de non-publication, sur la pertinence de lever en tout ou en partie l'ordonnance de non-publication touchant le témoignage d'Isabelle Toupin. Une levée partielle a finalement été décidée au terme de discussions concernant la partie de son témoignage livré le 23 janvier.

Mme Toupin est l'enquêteuse principale dans le projet Faufil, mené par l'escouade Marteau dans le dossier du projet résidentiel Faubourg Contrecoeur. Neuf personnes ont été arrêtées et accusées au terme de cette enquête, dont l'ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino.

L'avocat de M. Zampino, Me Claude-Armand Sheppard, devrait par ailleurs s'adresser aux commissaires pour réclamer une ordonnance de non-publication sur une partie du témoignage de l'ingénieur Michel Lalonde, qui a commencé mercredi après-midi.

La procureure du Directeur général des élections, Me Catherine Dumais, a déjà déposé sa propre requête à ce sujet. Elle souhaite que certaines portions du témoignage de Michel Lalonde portant sur les projets Faufil et Fiche (Boisbriand) soient frappées d'une ordonnance de non-publication. Cette requête est sous scellés.

Financement des partis politiques

Mercredi, le pdg de Génius Conseil, l'ingénieur Michel Lalonde, a admis avoir contribué au financement des partis politiques avec de l'argent comptant en gonflant les coûts de ses contrats municipaux.

Il a indiqué que l'ancien argentier du parti Union Montréal, Bernard Trépanier, lui avait demandé une première somme de 100 000 $ en 2004 pour financer la campagne électorale de 2005. Par la suite, il aurait demandé à Génius Conseil une ristourne de 3 % sur les grands projets.

Il devrait poursuivre son témoignage jeudi après-midi.

Un texte de François Messier et Bernard Leduc

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