Une vingtaine de députés de l'opposition à Ottawa ont témoigné de leur appui à la chef crie d'Attawapiskat, Theresa Spence, lors d'une rencontre dans un tipi sur l'île de la rivière des Outaouais. La chef autochtone s'y trouve depuis le début de sa grève de la faim, le 11 décembre.
Les députés ont salué sa démarche et ont déclaré que ses demandes étaient importantes. Ils ont jugé que Teresa Spence était « une femme de courage » et une chef « déterminée ».
Dans un discours après la rencontre, Mme Spence a pour sa part rappelé ses demandes, déclarant qu'il était « temps de travailler ensemble dans la paix et d'honorer les traités ». La chef autochtone souhaite rencontrer le premier ministre Stephen Harper et attirer l'attention sur les problèmes qui affligent les communautés des Premières Nations.
Elle se dit prête à mourir si elle n'arrive pas à rencontrer le premier ministre.
Le député néo-démocrate de Pontiac Mathieu Ravignat, qui faisait partie de la délégation du Nouveau Parti démocratique, relaie son message et demande que le premier ministre s'assoie avec les chefs autochtones du pays pour les écouter « d'une manière constructive ».
L'ex-premier ministre conservateur Joe Clark, qui a également rencontré la chef autochtone, se dit pour sa part préoccupé. Les relations entre Ottawa et les Premières Nations « ont pris une orientation dangereuse », dit-il dans un communiqué.
« Selon mon expérience, un dialogue honnête et direct est toujours utile et parfois essentiel, en particulier dans des dossiers complexes comme ceux des relations entre les Premières Nations et le Canada », dit aussi Joe Clark, ajoutant que les demandes de Theresa Spence étaient humbles et réalisables.
Jusqu'à maintenant, Theresa Spence a plusieurs fois décliné des rencontres avec le ministre des Affaires autochtones, John Duncan. Elle affirme vouloir s'entretenir directement avec M. Harper pour permettre des négociations « de nation à nation ». Elle souhaite aussi s'entretenir avec le gouverneur général du Canada, David Johnston.
Depuis le mois d'octobre, la contestation prend de l'ampleur chez les Autochtones qui s'opposent à l'adoption du projet de loi omnibus C-45, aussi dénoncé par l'opposition. Celui-ci a notamment modifié la loi sur la protection des cours d'eau. Selon les militants, il s'agit d'une attaque directe à leurs droits.
Mme Spence prétend aussi que les gouvernements canadiens n'ont eu que peu de respect pour les différents traités signés depuis des décennies avec les Premières Nations. Elle réclame qu'ils soient mieux observés afin d'améliorer les conditions de vie, souvent difficiles, des communautés autochtones.