Des lots de sang en quarantaine

Lauren-Paul Ménard, Héma-Québec

Héma-Québec a demandé à tous les hôpitaux québécois de mettre de côté certains lots de sang en raison d'une possible défectuosité des sacs.

Les sacs utilisés pour stocker les produits sanguins pourraient présenter des microfuites. Le sang risque ainsi d'entrer en contact avec l'air et pourrait donc permettre à des bactéries de s'y développer. L'utilisation d'une unité - dont le sang a été contaminé par de l'air - au cours d'une transfusion sanguine, peut provoquer une embolie, qui elle peut s'avérer mortelle.

Un problème avec le « dispositif de prélèvement » des sacs est à l'origine des ennuis d'Héma-Québec, qui ne peut pas dire depuis combien de temps ces sacs possiblement défectueux sont employés.

Par mesure préventive, Héma-Québec demande aux hôpitaux de retirer ces lots de sang de la circulation.

Héma-Québec précise qu'il n'y a pas de problème de sang contaminé.

L'organisme dit avoir informé les centres hospitaliers dès qu'il a été informée du problème, mercredi. « Nous avons émis une note d'information, mercredi en fin de journée, à l'ensemble des centres hospitaliers du Québec leur demandant de mettre en quarantaine certains lots de produits sanguins qui pourraient être susceptibles de présenter une défectuosité », explique le directeur des communications d'Héma-Québec, Laurent Paul Ménard.

Quelques faits sur les sacs de sang Quelques faits sur les sacs de sang

Des tests seront effectués sur les lots de sang mis en quarantaine et certaines unités de produit sanguin pourront par la suite être utilisées.

La mise en quarantaine du sang contaminé touche quelque 50 % des réserves d'Héma-Québec.

« Actuellement, Héma-Québec a les réserves nécessaires pour fournir les établissements. » — Le ministre de la Santé, Réjean Hébert

Héma-Québec précise que ce n'est pas tout le stock de produits sanguins des hôpitaux qui est ainsi mis en quarantaine. Les hôpitaux devront établir leurs priorités avant d'effectuer des chirurgies, mais ils pourront tout de même procéder à certaines opérations. « Ce sont des mesures qui sont prises au niveau des centres hospitaliers », explique M. Ménard.

« Dans les établissements plus éloignés, s'il y a des cas qui pourraient nécessiter des transfusions sanguines importantes, c'est mieux de les retarder de 24 h », estime M. Hébert.

Pas de pénurie en vue

Héma-Québec dispose de réserves de sang qui lui permettent d'approvisionner les hôpitaux québécois. M. Ménard invite les gens qui prévoyaient faire des dons de sang aujourd'hui de le faire, mais il ne lance pas d'appel d'urgence à la population. « Nos opérations suivent leur cours normalement », explique M. Ménard.

Les chirurgies qui auront été reportées en raison de ce problème feront l'objet d'une évaluation par les centres hospitaliers. Ces derniers devront toutefois revoir leurs listes d'attente dans les divers secteurs chirurgicaux.

Des produits sanguins Des produits sanguins

Le porte-parole d'Héma-Québec se fait également rassurant pour les personnes qui ont reçu des transfusions sanguines au cours des derniers jours. « Toute personne qui a reçu une transfusion sanguine a reçu des produits jugés sécuritaires », insiste-t-il.

« Les produits [sanguins] disponibles présentement sont tout à fait sécuritaires, comme à l'habitude. » — Laurent Paul Ménard

Le problème est particulièrement criant au Saguenay-Lac-Saint-Jean où les hôpitaux de Chicoutimi et d'Alma ont enclenché leur protocole d'urgence.

Une région durement touchée

À Chicoutimi et Alma, c'est 90 % des réserves de produits sanguins qui sont mises en quarantaine.

Héma-Québec mène une enquête pour déterminer si les réserves de sang pourront être utilisées. La direction des centres hospitaliers s'inquiète de la durée de cette enquête, qui pourrait s'étirer jusqu'à samedi, et de ses impacts sur leurs activités.

Des chirurgies ont été annulées dans plusieurs régions du Québec, dont le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Québec et Montréal.

Cinq établissements affectés à Montréal

La directrice adjointe par intérim de l'Agence de santé et des services sociaux de Montréal, Louise Ayotte, explique que l'organisme a communiqué avec l'ensemble de ses établissements jeudi matin.

Bien que tous les établissements soient touchés par les mesures de quarantaine des unités sanguines, la majorité des établissements ne rencontrent aucun problème d'approvisionnement. Seuls cinq établissements montréalais ont dû reporter une vingtaine de chirurgies au total.

Les cinq établissements affectés à Montréal

  • Le Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM)
  • Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM)
  • L'Institut de cardiologie de Montréal
  • Le Centre hospitalier de St-Mary
  • Le Centre hospitalier Santa Cabrini
« Évidemment, il y a eu à l'intérieur des établissements, priorisation des cas et nous sommes en mesure de vous dire que les cas urgents ont été faits. » — Louise Ayotte.

La majorité des chirurgies reportées sont des chirurgies cardiaques qui nécessitent une quantité importante d'unités sanguines. L'Institut de cardiologie de Montréal a notamment dû reporter six des huit chirurgies prévues.

La directrice adjointe par intérim de l'Agence de santé et des services sociaux de Montréal, Louise Ayotte. La directrice adjointe par intérim de l'Agence de santé et des services sociaux de Montréal, Louise Ayotte.

Les centres de traumatologie répondent aux besoins de la population, poursuit Mme Ayotte, qui précise que l'agence de santé est en contact avec le ministère de la Santé et la direction d'Héma-Québec afin de coordonner les activités des divers établissements.

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