Des étudiants dénoncent le manque de transparence de la FECQ

La présidente de la FECQ, Éliane Laberge La présidente de la FECQ, Éliane Laberge

Qualifiée de fédération « gangrenée » par des étudiants qui lui reprochent de manquer de transparence, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) devra affronter de nouveaux votes de désaffiliation.

Dans une lettre ouverte envoyée aux médias samedi, une trentaine d'associations étudiantes d'une dizaine de cégeps et collèges reprochent en effet à la FECQ un manque de démocratie et de transparence. À titre d'exemple, ils évoquent notamment le fait que les « documents financiers sont confidentiels et nébuleux » et que des décisions sont prises à l'exécutif national avant d'être soumises aux associations locales.

De plus, le document affirme qu'en janvier dernier, « les représentants d'un journal étudiant d'une association membre ont été expulsés par le congrès en complète violation des règlements ».

Les signataires accusent aussi la FECQ de ne pas reconnaître les désaffiliations, parce que celles-ci ne respecteraient pas les principes « imposés » par la fédération nationale.

« Pourtant, les associations des cégeps de Saint-Félicien, Alma, Shawinigan et André-Laurendeau ont voté pour la désaffiliation en respect de leurs règlements et ne se considèrent plus membres », expliquent-ils.

Cette semaine, le cégep de Rimouski et celui de Granby-Haute-Yamaska ont prévu tenir des consultations auprès de leurs membres sur une éventuelle désaffiliation. L'École nationale d'aérotechnique (un campus du collège Édouard-Montpetit) et le cégep de Chicoutimi doivent aussi tenir des consultations sur le sujet prochainement.

« Il s'agit de la plus grande vague de consultation de désaffiliation dans un si court laps de temps de toute l'histoire de la fédération. » — Extrait de la lettre

Les signataires estiment également que la démarche vers la grève de la FECQ, l'hiver dernier, a été teintée « d'un profond manque de culture démocratique, de transparence et de respect envers les étudiants ».

Une magouille, réplique la FECQ

De son côté, le vice-président de la FECQ, Vincent-Olivier Bastien, associe le mouvement de dissidence à une « magouille ». Ce mécontentement pourrait être une opération de maraudage d'autres regroupements étudiants, a-t-il laissé entendre. Il a aussi invité les étudiants mécontents à cesser de perdre ainsi leur temps et à se concentrer plutôt « sur le fond du problème et de s'attaquer à l'éducation. »

Par le passé, la FECQ a déjà accusé l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) de faire du maraudage.

Alors que l'on parle de désaffiliations d'un côté, dans les rangs de l'ASSÉ, le nombre d'adhésions augmente. L'association compte maintenant 70 000 membres. Et cette progression s'explique notamment par le caractère démocratique de l'ASSÉ, a estimé son porte-parole, Jérémie Bédard-Wien, en entrevue à Radio-Canada.

M. Bédard-Wien a défendu son association, assurant qu'elle ne cherchait pas à profiter des désaffiliations à la FECQ. Le porte-parole considère que la Fédération n'a pas respecté ses mandats. « Il n'est donc pas étonnant que ces étudiants "perdent leur temps" à se poser des questions », dit le porte-parole

« On se rappelle que pendant le printemps, le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, avait proposé l'abolition des crédits d'impôt au gouvernement sans du tout consulter son congrès ou les membres de la fédération étudiante. » — Jérémie Bédard-Wien, porte-parole de l'ASSÉ

M. Bédard-Wien dit aussi que la FECQ ignore son mandat sur la gratuité scolaire, contrairement à l'ASSÉ.

Lettre ouverte