Droits de scolarité au Québec : un débat de société

Montréal : ils ont marché pour la gratuité scolaire

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Des manifestants tiennent une banderole en faveur de la gratuité scolaire.

Des centaines de personnes ont manifesté samedi après-midi dans les rues de Montréal. Ils voulaient souligner les victoires du mouvement étudiant mais aussi poursuivre la lutte pour la gratuité scolaire.

Après s'être rassemblés au parc Lafontaine, les manifestants ont descendu la rue Berri et se sont dirigés vers l'ouest du centre-ville.

La manifestation a toutefois été déclarée illégale par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) puisque l'itinéraire de la marche n'avait pas été divulgué, comme l'exige le règlement municipal P-6.

Manifestation du 22 septembre, au centre-ville de Montréal Manifestation du 22 septembre, au centre-ville de Montréal

Deux avis de dispersion ont été donnés à la foule aux environs de 16 h, après que des projectiles aient été lancés en direction des policiers. Deux manifestants ont été arrêtés.

Un policier a par ailleurs été blessé au genou, selon le SPVM, qui a annoncé sur le réseau Twitter vers 16 h 30 que la manifestation était terminée.

En réponse à un tweet du nouveau député péquiste et ancien président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) lui a demandé son avis sur l'intervention policière, ce à quoi il n'a pas répondu.

La CLASSE veut la gratuité scolaire

Malgré l'annulation cette semaine de la hausse des droits de scolarité par le nouveau gouvernement péquiste, la CLASSE a tenu à organiser samedi un rassemblement dans la métropole, comme à tous les 22 du mois depuis le printemps dernier.

L'organisation étudiante plaide en faveur de la gratuité scolaire, alors que le gouvernement Marois propose plutôt une indexation des droits de scolarité.

« Beaucoup de gens ignorent que la gratuité n'est pas un choix économique mais politique et que nous pourrions facilement la financer. » — Jeanne Reynolds, co-porte-parole de la CLASSE

Selon la co-porte-parole de la CLASSE, Jeanne Reynolds, une étape a été franchie et il faut « célébrer la victoire », même si le combat se poursuit. Elle soutient que l'indexation entre dans une « logique marchande » similaire à celle d'une hausse des frais de scolarité, et qu'il s'agirait d'une mesure régressive. Il faut donc maintenir la pression sur les élus, insiste Mme Reynolds.

« Je crois à la gratuité scolaire, pas juste pour moi mais pour les générations à venir », a affirmé pour sa part une manifestante.

Léo Bureau-Blouin plaide pour l'indexation

De son côté, Léo Bureau-Blouin croit maintenant que l'indexation est « raisonnable et acceptable », alors qu'il défendait le gel des droits de scolarité lorsqu'il était président de la FECQ.

La députée de Gouin et co-chef de Québec solidaire, Françoise David, participait elle aussi à la manifestation. « [Cet événement] a pour but de rappeler que ce que veut la CLASSE, c'est aussi ce que veut Québec solidaire, et c'est la gratuité scolaire », a-t-elle rappelé.

Des représentants d'Option nationale, le parti de Jean-Martin Aussant qui demande lui aussi la gratuité scolaire à tous les niveaux, ont également participé à la marche.

QS veut une enquête publique

En marge de la marche, la co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Françoise David, a exhorté le nouveau gouvernement péquiste à mettre sur pied une enquête publique sur le travail des policiers pendant les manifestations étudiantes du printemps dernier.

Il s'agit d'une nécessité démocratique, a-t-elle indiqué, soulignant que trop de manifestations ont connu des arrestations arbitraires.

QS joint s'associe ainsi au collectif de 131 enseignants qui ont signé une lettre publiée dans Le Devoir, le 19 septembre, réclamant une enquête indépendante. Ils s'interrogeaient notamment sur les arrestations de masse, les arrestations et détentions arbitraires, la présence possible d'agents provocateurs, etc.

La députée de Gouin a par ailleurs souligné l'ouverture « encourageante » du nouveau ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron. Au cours d'un point de presse, la semaine dernière, celui-ci a déclaré que si « les policiers, lors des événements du printemps dernier, ont agi avec tout le professionnalisme requis dans les circonstances (...), on a eu vent de quelques cas particuliers, alors il faudra voir quels gestes on posera pour aller au fond des choses dans ce dossier-là », ajoutant qu'il n'écartait rien.

Reste à savoir si le politicien passera de la parole aux actes, a précisé Françoise David.

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