Enseignement supérieur au Québec : un débat de société
Une semaine décisive s'est amorcée lundi dans des dizaines de facultés et de départements universitaires du Québec, qui sont appelés à se prononcer tour à tour sur la reconduction de la grève.
Les étudiants de la Faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke ont été les premiers à se prononcer lundi matin. Après 152 jours de grève, les 2000 étudiants concernés ont choisi de retourner en classe.
En soirée, les étudiants de la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) n'ont pas choisi de mettre fin à la grève, mais ont voté massivement en faveur d'une trêve électorale jusqu'au 5 septembre.
Les étudiants en science politique et droit de l'UQAM ont quant à eux choisi de mettre fin à la grève. Au terme de l'assemblée, 331 d'entre eux ont voté pour le retour en classe, 240 ont voté contre et 22 se sont abstenus.
Du côté de l'Association étudiante de création littéraire de l'Université Laval, 51 membres ont voté pour la suspension de la grève, 20 contre et 5 se sont abstenus.
Le Département d'études est-asiatiques de l'Université de Montréal (UdeM) a pour sa part voté à 75 % pour la poursuite de la grève. Les membres de l'Association étudiante d'études cinématographiques de l'UdeM ont également reconduit la grève générale illimitée : 65 ont voté pour, 57 contre et 10 se sont abstenus.
Les étudiants au premier cycle en sociologie de l'Université Laval ont également voté pour la poursuite de la grève. Ceux aux cycles supérieurs ont aussi opté pour la reconduction de la grève, mais ont choisi de tenir une nouvelle assemblée générale le 6 septembre.
Selon une compilation de la CLASSE, 11 296 étudiants sont membres d'associations ayant voté pour la poursuite de la grève depuis le déclenchement des élections générales. Bien que plusieurs associations étudiantes aient choisi de retourner en classe, 107 352 étudiants seront toutefois en grève lors de la manifestation du 22 août, toujours selon les chiffres de la CLASSE.
Les étudiants déçus du débat électoral
Par ailleurs, difficile de dissocier le conflit étudiant de la campagne électorale qui se déroule depuis 20 jours au Québec. Ce groupe des 18-24 ans, qui représente 2 millions d'électeurs, a été particulièrement sollicité au cours des dernières semaines.
Ces derniers étaient donc extrêmement attentifs au premier débat électoral de dimanche soir, mais on relève beaucoup de déception chez les étudiants, qui ont dû attendre près de 90 minutes avant que le sujet des droits de scolarité ne fasse son apparition dans le débat.
La présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Éliane Laberge, s'est dite « extrêmement déçue de voir que l'éducation ait pris si peu de place dans le débat ».
« Déjà que c'est difficile d'en faire un enjeu électoral depuis plusieurs années au Québec, et maintenant de voir que malgré tout ce qu'on a vécu au printemps, ce ne soit pas plus présent dans les débats, je me demande bien quand les partis politiques vont vraiment se préoccuper de l'éducation des générations futures », a-t-elle déploré.
« On a l'impression en fait que les chefs se battent entre eux au lieu de proposer des idées, c'est ce qu'on craignait un peu », a quant à elle affirmé la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, qualifiant tout de même le débat de « très animé ».
Même si l'un a décidé de reprendre les cours et que l'autre est encore indécis, le Cégep de Saint-Laurent et le Cégep du Vieux Montréal attendent de leur côté l'issue du scrutin du 4 septembre pour se prononcer sur la suite du mouvement.
Les étudiants du Vieux Montréal devraient tenir une nouvelle assemblée générale le 7 septembre, trois jours après le scrutin électoral. Et ceux du Cégep de Saint-Laurent se prononceront de nouveau après la session, soit à la fin septembre.
Les étudiants du Cégep de Saint-Laurent ont repris lundi les cours pour terminer leur session d'hiver, au terme de longues assemblées. Ceux du Vieux Montréal seront quant à eux invités à voter sur la poursuite de la grève pour une troisième fois mardi après-midi.