Le 9 août, la Journée internationale des peuples autochtones a été célébrée au Jardin botanique de Montréal, plus précisément dans le jardin des Premières Nations. La célébration a été organisée à l'initiative d'André Binette, fondateur de la société culturelle Uashteu, et avec la contribution du Jardin botanique.
Cette journée s'est déroulée sous le thème de l'énergie féminine. Ainsi, ce sont quatre femmes, quatre grands-mères autochtones, qui ont accompli les rituels durant toute la journée.
En plus d'expliquer le sens des rituels, les femmes ont aussi parlé de la conception des autochtones de la relation entre l'homme et la nature. Elles ont également profité de cette journée pour évoquer la mémoire de grand-père William Commanda, un Algonquin de Maniwaki, mort voilà une année.
Dès leurs premières paroles, les grands-mères ont donné le ton en dénonçant les coupes forestières dans la réserve faunique de La Vérendrye. Et naturellement, elles ont dédié la journée à Louise Wawatie et à son frère Joseph Wawatie, deux aînés algonquins qui ont été arrêtés après avoir protesté contre les coupes au début du mois d'août.
Dans chaque cérémonie, celle du lever du soleil, celle des fleurs ou celle de l'eau, les grands-mères ont plaidé pour la protection de l'environnement en se référant à la sagesse ancestrale.
Au cours de la cérémonie de l'eau, grand-mère Francine a expliqué que ce rituel existait depuis 200 ans. C'est dire que l'eau a une importance cruciale chez les Autochtones depuis longtemps.
Lesvia Vela, une guide spirituelle maya, a présenté la cérémonie des fleurs, qui est la base des cérémonies du peuple maya. Elle a placé d'abord des bougies de couleurs rouge, jaune, noire et blanche, représentant les quatre races de l'humanité, et a ajouté des plantes et des épices. Autour des bougies, elle a installé des pétales de roses.
La maîtresse de cérémonie a donné à chaque participant une poignée de pétales qu'il doit porter à son coeur et faire un voeu. Par la suite, elle a allumé le feu et chaque participant y a jeté sa poignée de pétales.
Pour les Mayas, les fleurs sont sacrées. Elles doivent être bien traitées comme les êtres humains, car elles sont délicates comme les humains.
La grand-mère guatémaltèque a par la suite fait un exposé sur le calendrier maya, où elle a expliqué que la date du 21 décembre 2012 marque pour les Mayas la fin d'un cycle et non la fin du monde, contrairement à une interprétation médiatisée.
La journée s'est terminée par une cérémonie solennelle où les grands-mères Madeleine et Marthe ont fumé chacune sa pipe, mais grand-mère Marthe a partagé la sienne avec les participants.
Après ce rituel, les grands-mères ont fait passer le bâton de parole aux personnes qui formaient le cercle pour qu'ils disent ce qu'ils ont retenu de cette journée. Des touristes français étaient ravis d'assister à cette journée et surtout de découvrir qu'il existe encore une culture autochtone vivante.
Sous une pluie fine et juste avant le coucher du soleil, les participants se sont séparés en pensant déjà au 9 août prochain.