Droits de scolarité au Québec : un débat de société

Élections : la CLASSE intensifiera la mobilisation

Le compte rendu d'Émilie Dubreuil

La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a confirmé dimanche qu'elle poursuivra sa tournée provinciale qu'il y ait déclenchement d'élections provinciales ou non dans les prochaines semaines. Elle consultera aussi les étudiants sur la poursuite de la grève dans les cégeps et les universités.

Réuni en congrès à l'Université Laval, à Québec, samedi, pour discuter de sa stratégie en vue d'éventuelles élections au Québec, le regroupement étudiant a aussi réaffirmé son indépendance par rapport aux partis politiques.

« Si jamais les libéraux prennent la décision irresponsable d'instrumentaliser le conflit étudiant en allant en élection, la CLASSE est prête à leur faire face. Notre tournée de mobilisation politique est déjà débutée et elle s'intensifiera si les rumeurs d'élections se confirment » affirme Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de la Coalition, dans un communiqué publié sur le site Internet de la CLASSE.

La CLASSE a annoncé cette semaine qu'elle fera une tournée dans une vingtaine de villes du Québec jusqu'à la mi-août pour dénoncer les politiques du gouvernement libéral de Jean Charest. Les membres entendent rencontrer la population afin de faire connaître leurs positions politiques et les valeurs qu'ils défendent.

L'organisation étudiante s'est rendue dimanche à Saint-Jean-sur-Richelieu, dans le cadre d'une assemblée populaire, et devait aussi se rendre à Sherbrooke.

Jeudi, les porte-parole de l'organisation ont présenté le nouveau manifeste de la CLASSE. Il va bien au-delà des droits de scolarité, se portant à la défense des droits des autochtones et des femmes et s'opposant à l'exploitation des gaz de schiste et au Plan Nord.

Une tournée parallèle à la campagne électorale

Le regroupement étudiant a rappelé dimanche qu'il s'oppose « aux politiques néo-libérales » mais qu'il ne compte pas s'associer à un parti.

« En tant qu'association étudiante, notre rôle est de défendre les positions adoptées par les étudiants et les étudiantes et non de leur dire quoi faire le jour du vote. » — Gabriel Nadeau-Dubois

« Ce qu'on veut, c'est profiter du fait que les gens vont parler politique durant la campagne électorale, pour avoir des discussions sur ces enjeux, en prenant nos distances avec l'ensemble des partis politiques, bien évidemment. Ce n'est pas une campagne qui vise à faire des promesses, à séduire les gens. Au contraire, c'est une opération de réflexion », a soutenu M. Nadeau-Dubois, en entrevue à RDI.

Ce dernier souligne qu'il est hors de question de perturber les événements des campagnes des différents partis.

Vendredi, le Directeur général des élections du Québec a rappelé que les groupes de pression, qui comprennent les associations étudiantes, sont considérés comme des tiers partis qui ne peuvent engager des dépenses visant à infléchir le choix des électeurs lors des campagnes électorales.

La loi électorale du Québec interdit aux groupes de pression d'effectuer des dépenses dans le but de « favoriser ou de défavoriser, directement ou indirectement, un candidat ».

Gabriel Nadeau-Dubois affirme que la tournée de la CLASSE nécessitera peu de ressources. « C'est extrêmement simple comme opération. Ça comprend l'impression de notre manifeste et quelques voitures avec des militants. Il n'y a pas de dépense d'hôtel ou d'autobus. Ce sont des dépenses extrêmement réduites. »

Concernant la reprise de la grève à la mi-août, la CLASSE dit vouloir consulter les étudiants et les étudiantes le plus rapidement possible. Des assemblées générales doivent être organisées quelques jours avant ou après la reprise de la session pour statuer sur la question.

« S'il y a un déclenchement d'élections, ça va certainement influencer d'un côté ou de l'autre les étudiants dans leur décision de retourner en grève. Si ce n'est pas la grève, je suis convaincu qu'on trouvera un autre moyen pour continuer la mobilisation », dit-il.

« Même si le gouvernement libéral est défait, il faudrait quand même continuer à se mobiliser pour s'assurer que si un parti favorable à nos demandes prend le pouvoir à Québec, qu'il tienne ses promesses », ajoute le porte-parole de la CLASSE.

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