Grève à la CCQ : un ancien sous-ministre du Travail nommé médiateur

Le compte rendu de Caroline Belley

La ministre du Travail du Québec, Lise Thériaut, a nommé mercredi après-midi l'ancien sous-ministre du Travail Normand Gauthier pour agir à titre de médiateur spécial chargé de trouver une issue à la grève générale illimitée déclenchée par les salariés de la CCQ.

M. Gauthier a déjà travaillé comme médiateur-conciliateur au ministère du Travail.

La ministre Lise Thériaut a souligné que les parties impliquées devraient maintenant profiter de sa nomination pour « poursuivre leur dialogue dans le but d'en arriver à une entente ».

Dans la matinée, des employés en grève de la CCQ ont manifesté à Montréal devant les bureaux de la ministre du Travail afin qu'elle revienne sur sa décision de ne pas intervenir dans le dossier. Lise Thériaut avait alors témoigné sa confiance à la présidente de la CCQ, Diane Lemieux, ajoutant que le litige entre la direction de la CCQ et le syndicat devrait se régler à la table de négociation, et non par son intervention.

Le directeur général du Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB) de la CCQ, Serge Cadieux, estimait pourtant que cette demande était raisonnable dans les circonstances. « Un médiateur, ce n'est pas quelqu'un qui a un pouvoir coercitif sur les parties. Mais ça prend, je pense, quelqu'un qui a une envergure, qui a une bonne expérience, qui connaît très bien le secteur public et parapublic pour essayer d'amener des solutions innovatrices », a-t-il dit.

Serge Cadieux Le directeur général du SEPB Serge Cadieux

M. Cadieux considère que la seule présence d'un conciliateur dans le dossier est insuffisante pour en arriver à un règlement du conflit. « C'est vrai qu'il y a un conciliateur dans le dossier, mais il est là depuis un an et le litige est encore plus profond aujourd'hui qu'il ne l'était au début, lors de son intervention dans le dossier, soutient M. Cadieux. Donc, on ne pense pas que les outils mis en place actuellement donnent les effets escomptés. »

« Il n'y a pas de possibilité de règlement s'il n'y a pas de nouveaux joueurs dans le dossier. » — Serge Cadieux

Le conciliateur a remis un rapport au début du mois de juin, mais la direction de la CCQ l'a rejeté. Le rejet de la proposition du conciliateur avait entraîné le déclenchement de la grève.

Le syndicat blâme Mme Lemieux pour le conflit de travail qui a éclaté à la CCQ. M. Cadieux lui reproche de vouloir obtenir une entente qui nécessiterait d'importantes concessions de la part du syndicat. Des concessions plus importantes que celles dictées par le Conseil du Trésor et par les ententes avec les autres employés de l'État. « Le gros problème, c'est que Mme Lemieux veut une entente qui sort des paramètres convenus par le Conseil du Trésor, qui sort des paramètres réglés avec le reste des employés de l'État l'an dernier, et c'est ça le gros problème », déplore M. Cadieux.

« Mme Lemieux est arrivée avec 189 nouvelles demandes au mois de mars. Or donc, c'est une récupération de la masse salariale de l'équivalent d'environ 15 % », a-t-il ajouté.

M. Cadieux soutient que de nombreux points demeurent litigieux dans les négociations, dont la sécurité d'emploi, les assurances collectives et le mouvement de personnel.

Les 600 employés de la Commission de la construction, membres du Syndicat des employés professionnels et de bureau, lui-même affilié à la FTQ, sont sans contrat de travail depuis décembre 2009. Les 300 employés de la Commission de la construction qui sont chargés des enquêtes et des inspections sur les chantiers ne sont toutefois pas en grève.

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