L’affaire Luka Rocco Magnotta

Les restes humains à Vancouver ont un lien avec l'affaire Magnotta, croit le SPVM

Les explications de François Cormier

Selon le Service de police de Montréal (SPVM), tout porte à croire que les restes humains reçus par deux écoles de Vancouver mardi sont ceux de l'étudiant chinois Lin Jun.

En point de presse, le porte-parole du SPVM Ian Lafrenière a dit que plusieurs raisons poussaient les policiers à tisser des liens avec l'enquête en cours sur le meurtre de Lin Jun, affaire dans laquelle Luka Rocco Magnotta est le principal suspect. « Premièrement, il s'agit des mêmes membres que l'on recherchait, pied [droit] et main droite; deuxièmement, on sait aussi que ça a été expédié en partance de Montréal », a-t-il précisé.

M. Lafrenière affirme toutefois que seule l'analyse de l'ADN des restes humains retrouvés permettra de confirmer avec certitude les liens avec l'affaire. « L'état dans lequel les objets ont été retrouvés ne nous permet pas de confirmer à 100 % que c'est bel et bien la bonne victime », a-t-il ajouté.

Le SPVM, qui confirme que les colis avaient été envoyés via le service de Postes Canada, n'est toutefois pas actuellement en mesure de dire s'ils ont été expédiés du même endroit que les précédents. Rappelons qu'un colis contenant un pied de la victime avait été reçu le 29 mai au quartier général du Parti conservateur, à Ottawa, et qu'un autre colis destiné au Parti libéral avait été intercepté le même jour par Postes Canada.

Les policiers disent ignorer pour le moment quels pourraient être les liens entre Luka Rocco Magnotta et les deux écoles qui ont reçu les colis à Vancouver.

En outre, le SPVM confirme que la tête de la victime n'a toujours pas été retrouvée. « On sait que, si on regarde la date d'aujourd'hui, on est un petit peu dans la limite du temps où un colis pourrait être reçu, alors c'est sûr qu'on est aux aguets et qu'on travaille avec les services postaux », a déclaré Ian Lafrenière. Des vérifications ont aussi été faites dans certains dépotoirs, a-t-il ajouté.

Transfert de l'enquête au SPVM

Le SPVM a du même coup confirmé que l'enquête sur les colis reçus en Colombie-Britannique lui a été transférée par les policiers de Vancouver. Ces derniers ont précisé dans un communiqué avoir pris la décision de transférer l'enquête à leurs collègues montréalais tard mardi soir, après avoir observé des similitudes entre les colis reçus par les écoles et ceux découverts plus tôt cette semaine dans l'est du Canada. Ces similitudes concernaient l'emballage et les adresses inscrites sur les boîtes reçues à Vancouver.

Les policiers de Vancouver ont aussi indiqué que les restes humains reçus allaient être envoyés à Montréal au cours de la journée mercredi. Ils seront emmenés à Montréal par des agents vancouvérois.

La victime, Jun Lin La victime, Jun Lin  Photo :  Facebook

La famille de la victime à Montréal

D'autre part, le SPVM et le consulat chinois ont confirmé que des membres de la famille de Lin Jun sont actuellement à Montréal. Ils rencontreront les enquêteurs montréalais et pourraient s'adresser aux médias, lorsqu'ils seront prêts à le faire.

Le SPVM dit faire tout en son pouvoir pour protéger la famille éprouvée et pour s'assurer qu'elle reçoive l'aide adéquate.

Lin Jun, un ressortissant chinois originaire de la ville de Wuhan, dans la province du Hubei (centre de la Chine), étudiait à l'Université Concordia et se trouvait au Québec depuis juillet dernier.

Vidéos et rumeurs sur le web

Ian Lafrenière a par ailleurs indiqué que le SPVM doit composer avec toutes sortes d'informations et de rumeurs circulant sur le web, souvent véhiculées par des admirateurs de Luka Rocco Magnotta. Le SPVM dit qu'il doit prendre du temps pour vérifier ces informations.

Quant aux images de Luka Rocco Magnotta présumément mises en ligne sur YouTube alors qu'il était en cavale, les policiers disent qu'ils en sont toujours à vérifier la véracité de ces informations, ajoutant que cela faisait partie de leur enquête.

Sur le sujet de la vidéo macabre du meurtre de Lin Jun, qui circule toujours sur Internet, le SPVM affirme qu'il est difficile d'avoir le contrôle sur son partage, puisque lorsqu'elle est retirée d'un site, elle refait surface ailleurs.

Quant au propriétaire d'un site web d'Edmonton qui refuse d'enlever la vidéo de son site, le SPVM dit recevoir de l'aide des procureurs de Montréal et des policiers d'Edmonton dans le dossier. « On verra si des accusations criminelles seront portées », a déclaré Ian Lafrenière.

Luka Rocco Magnotta, lors de son bertillonnage à Berlin Luka Rocco Magnotta, lors de son bertillonnage à Berlin

Pas de policiers montréalais à Berlin

Luka Rocco Magnotta, 29 ans, est présentement détenu à Berlin, en Allemagne, en attente de son extradition au Canada. Le SPVM ne juge pas nécessaire pour l'instant d'envoyer des enquêteurs dans la capitale allemande. « Lorsque ce sera nécessaire, nos enquêteurs se rendront là-bas, mais on en est pas là pour le moment », a dit Ian Lafrenière.

Luka Rocco Magnotta est accusé par la Couronne de meurtre prémédité, d'outrage à un cadavre et de harcèlement criminel envers le premier ministre canadien Stephen Harper. Pour se conformer aux exigences d'un mandat international, trois autres accusations ont été déposées contre Magnotta, soit corruption de moeurs, profération de menaces et utilisation de la poste pour livrer quelque chose d'obscène.

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