Français à Montréal : gain dans l'affichage, recul dans l'accueil des clients

La présidente de l'OQLF Louise Marchand La présidente de l'OQLF Louise Marchand

Le français gagne un peu de terrain dans l'affichage commercial à Montréal, mais l'accueil des clients en français seulement connaît un recul, selon l'Office québécois de la langue française (OQLF). L'organisme a fait ces constatations à partir de ses cinq études sur la langue d'accueil, de service et d'affichage menées en 2010 et en 2012 à Montréal.

Les commerçants du centre-ville de Montréal ont accueilli les observateurs de l'OQLF en français dans une proportion de 74 %. Cette proportion était de 89 % en 2010. L'accueil bilingue a considérablement gagné en popularité, passant de 1 % à 13 % en deux ans.

La présidente de l'OQLF, Louise Marchand, a précisé que les clients pouvaient se faire servir en français dans 95 % des cas, une proportion qui a peu varié depuis 2012. Elle déplore toutefois que trop peu de francophones exigent d'être servis en français lorsqu'ils sont accueillis en anglais.

En ce qui concerne l'affichage du nom d'entreprise, il était conforme en 2012 à la Charte de la langue française dans 82 % des commerces. Il s'agit d'un léger progrès comparativement aux 77 % observés en 2010. Mme Marchand entend insister auprès des commerçants pour faire respecter cet aspect de la loi 101.

Une « bonne nouvelle » malgré un « glissement », selon la ministre St-Pierre

En entrevue à Radio-Canada, la ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre, s'est réjouie que les observateurs de l'OLFQ se soient fait servir dans leur langue dans 95 % des cas, y voyant « une bonne nouvelle ». L'anglais été la langue d'accueil dans 2 % des cas seulement, a-t-elle ajouté.

« Je pense qu'on vient de déconstruire un mythe qui est majeur : celui qu'on n'est pas capable de se faire servir en français à Montréal. » — La ministre Christine St-Pierre

« Il y a un glissement vers un accueil bilingue, a-t-elle concédé, précisant que cette façon de faire n'était cependant pas interdite par la Charte de la langue française. « On ne sait pas si c'est une tendance à long terme », a-t-elle souligné, ajoutant toutefois qu'il fallait « travailler très fort » pour que l'accueil des clients se fasse en français.

Elle a en outre noté des progrès sur le boulevard Saint-Laurent.

La ministre St-Pierre a par ailleurs déclaré que le français devait encore progresser dans l'affichage afin que la loi 101 soit respectée. « Mon gouvernement entend poursuivre ses efforts et ses actions afin de protéger et de valoriser le français, particulièrement à Montréal, notamment auprès des petites entreprises », assure-t-elle.

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