Entretien avec Conrad Black

Le compte rendu de Pasquale Harrison-Julien

Dans une entrevue exclusive accordée au réseau anglais de Radio-Canada, l'ex-magnat de la presse Conrad Black se dit heureux d'être de retour au pays, un retour qu'il qualifie toutefois d'entaché par les propos du chef de l'opposition officielle Thomas Mulcair.

Conrad Black se familiarise de nouveau avec la liberté depuis sa sortie de prison et son retour au Canada. Il s'agit d'un nouveau chapitre pour l'homme d'affaires, qui était en 1999 à la tête de la troisième entreprise de presse en importance au monde.

Il a été condamné à 42 mois de prison pour fraude et entrave à la justice. Mais aujourd'hui encore, il clame n'avoir rien fait d'illégal.

« Je ne veux pas me comparer à Gandhi ou à [Nelson] Mandela, mais force est d'admettre que beaucoup d'innocents ont passé du temps en prison. » — Conrad Black

L'ex-magnat de la presse dénonce surtout l'acharnement de la justice américaine à son égard, car après tout, dit-il, le tribunal n'a pu le reconnaître coupable que d'une fraude de 285 000 $.

Mais ce qui l'a le plus étonné depuis sa sortie de prison, c'est la controverse suscitée par son retour au Canada.

Comme Conrad Black a abandonné sa citoyenneté canadienne pour devenir membre de la Chambre des Lords en Grande-Bretagne, le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a accusé le gouvernement conservateur de lui avoir offert un traitement de faveur pour lui permettre de revenir dans son pays d'origine.

« Pour citer Maurice Duplessis, chaque mot et chaque lettre de chaque mot de ces allégations sont faux. Si Thomas Mulcair veut laisser de côté son immunité parlementaire, il me fera plaisir de le poursuivre pour diffamation. » — Conrad Black

Pour le moment, Conrad Black veut surtout retourner devant les tribunaux pour laver sa réputation. Il souhaite aussi se concentrer sur l'écriture de livres et de chroniques, et, qui sait, peut-être même effectuer un retour dans le monde des affaires.

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