Enseignement supérieur au Québec : un débat de société

Des manifestants empêchent la reprise des cours de droit à l'UQAM

Grabuge à l'UQAM

Des manifestants ont pris d'assaut le pavillon abritant les facultés de sciences politiques et de droit de l'UQAM, à Montréal, forçant la suspension des cours de droit.

Les manifestants, qui s'étaient rassemblés vers 9 h à la place Émilie-Gamelin, voulaient protester contre l'injonction qui permettait aux étudiants en droit de l'UQAM de retourner en classe à partir de ce matin.

Des manifestants ont continué de sillonner les couloirs de l'UQAM après l'annonce de la suspension des cours. Les policiers ont reçu des appels de gens qui soutenaient être séquestrés dans des locaux d'un immeuble de l'UQAM au coin des rues Maisonneuve et Amherst.

Les policiers ont répondu à ces appels de détresse et les manifestants ont quitté les lieux à leur arrivée.

Le climat s'envenime même entre les étudiants et les représentants des médias. Des étudiants s'en sont notamment pris à un journaliste d'une radio privée, mercredi matin à l'UQAM. Les étudiants sont insatisfaits du traitement réservé à leur mouvement dans les médias.

Injonctions et retours en classe

Dans les cégeps, la situation a été beaucoup plus calme. Des cours ont été donnés au collège Bois-de-Boulogne et au cégep André-Laurendeau pour les étudiants qui ont obtenu des injonctions, en vertu d'ententes conclues entre la direction et l'association étudiante en grève.

Au cégep Marie-Victorin, une étudiante a obtenu une injonction aujourd'hui. La direction a décidé de lui offrir des cours, à elle seulement.

Au cégep Édouard-Montpetit, les cours ont été annulés une nouvelle fois jeudi.

À Ahuntsic, la grève a été reconduite pour une autre semaine avec une majorité de 53 % de voix.

À Lionel-Groulx, l'ambiance était calme après les affrontements de mardi entre manifestants et forces policières puisque les cours sont annulés jusqu'à vendredi.

Au Cégep régional de Lanaudière à Joliette, les étudiants ont voté à nouveau pour un retour en classe, après un scrutin contesté mettant fin à la grève vendredi dernier. Ils ont voté à 52 % contre un retour en grève, mardi soir. Un groupe contestait l'issue du vote de vendredi à cause d'un problème informatique.

À Sherbrooke, les 5900 cégépiens sont de retour en classe depuis quelques jours et doivent composer avec un horaire condensé.

La session ne sera pas annuléeTrois cégeps ont déjà annoncé qu'ils devront reporter une partie de la session à l'automne, si jamais les cours reprenaient la semaine prochaine. Il s'agit des cégeps où les étudiants ont été les premiers à déclencher la grève à la mi-février.

Il n'est toutefois pas question d'annuler la session. Les établissements n'ont pas les espaces nécessaires pour accueillir deux cohortes d'étudiants en même temps, a déclaré Caroline Tessier, directrice des communications à la Fédération des cégeps.

Comme une session doit s'échelonner sur l'équivalent de 82 jours de cours, Mme Tessier a déclaré que les cégeps examinaient la prolongation des heures de cours de 8 h à 20 h par exemple. On réduira aussi la durée des pauses et il est question de donner des cours le samedi. Les professeurs, dit-elle, ont assuré les collèges qu'ils collaboreraient dans la mesure du possible.

Par ailleurs, l'Université de Montréal a annoncé aujourd'hui que ses facultés touchées par la grève poursuivront leur session d'hiver de la fin août à la fin septembre 2012. Le début de leur session d'automne sera reporté au 1er octobre.