Enseignement supérieur au Québec : un débat de société
Les directions des cégeps de Sherbrooke et de Saint-Laurent ont suspendu les cours lundi matin en raison de piquets de grève érigés devant les établissements par des centaines d'étudiants en grève.
À Sherbrooke, la direction du Cégep a dû suspendre les cours pour une deuxième fois depuis vendredi, en dépit d'une injonction du tribunal qui oblige l'établissement à dispenser des cours à un groupe d'étudiants. Dès 7 h lundi matin, environ 500 étudiants s'étaient rassemblés sur le campus afin de bloquer les portes de l'établissement pour empêcher le cégep de dispenser des cours.
Au moins deux arrestations ont été effectuées par les policiers à la suite d'une altercation entre des manifestations et un citoyen qui tentait de franchir les piquets de grève. Selon des images tournées par des étudiants et des témoins, les policiers ont procédé aux arrestations de façon brutale en jetant littéralement les suspects dans une camionnette banalisée.
Après avoir forcé l'annulation des cours au Cégep de Sherbrooke, les manifestants ont convergé vers le palais de justice de la ville, où une demande d'injonction permanente est présentée au tribunal pour forcer la reprise des cours.
Des étudiants se sont aussi rendus au poste de police de Sherbrooke pour réclamer la libération des deux manifestants arrêtés en matinée.
Mardi dernier, un groupe d'une douzaine d'étudiants avait obtenu une injonction provisoire du tribunal pour forcer la levée des piquets de grève qui les empêchent d'assister à leurs cours.
Dès vendredi, des centaines d'étudiants en grève ont bravé l'injonction du tribunal en bloquant les accès de l'établissement. La direction a alors dû annuler les cours.
Perturbation au Cégep de Saint-Laurent
Des étudiants se réunissent devant le Cégep St-Laurent
Photo : Karine Bastien
Peu de temps après, à Montréal, la direction du Cégep de Saint-Laurent annonçait elle aussi une suspension des cours sous la pression exercée par un groupe d'une centaine d'étudiants qui manifestaient devant l'établissement.
La direction soutient que le climat n'est pas approprié pour dispenser des cours.
Une injonction interlocutoire provisoire accordée par le juge Louis Lacoursière force l'institution à offrir des cours jusqu'au 4 mai à trois étudiants en sciences humaines et en sciences de la nature.
Ailleurs au Québec
Réunis en assemblée générale ce lundi, les étudiants du campus de Gaspé au Cégep de la Gaspésie et des Îles ont décidé de mettre fin à leur mouvement de grève dans une proportion de 51 %. Les 500 étudiants du campus étaient en grève depuis le 8 mars.
Les 6100 étudiants du Cégep de Maisonneuve, les 3600 étudiants de l'Association facultaire étudiante du secteur des sciences de l'Université du Québec à Montréal, les 2000 étudiants du Collège de Valleyfield et les 3200 étudiants du Cégep de Bois-de-Boulogne poursuivront leur grève, selon la CLASSE. Tous sont en grève depuis la fin février, sauf au Collège de Bois-de-Boulogne, où le débrayage est en cours depuis le 7 mars.
La direction du Collège de Valleyfield annonce par ailleurs sur son site Internet que l'épreuve uniforme de français, qui devait avoir lieu le 16 mai 2012, est annulée. Le ministère de l'Éducation, dit-on, confirmera sous peu une nouvelle date pour cet examen.
À Québec, une quinzaine d'étudiants ont dressé des tentes et des structures rouges devant l'Assemblée nationale.
En Outaouais, un juge de la Cour supérieure du Québec a pris en délibéré lundi une demande d'injonction pour forcer la reprise des cours au Cégep de l'Outaouais.
La requête a été déposée au nom d'une quarantaine d'étudiants qui demandent à l'association étudiante du cégep de cesser toute manifestation qui aurait pour effet d'empêcher l'accès aux cours.
À Montréal, les étudiants ont manifesté dimanche pour une sixième nuit de suite. Une autre manifestation est prévue ce soir.