Des dizaines de milliers de personnes marchent pour la Terre

Un arbre « d'humains » a été formé au parc Un arbre « d'humains » a été formé au parc Jeanne-Mance.

Des dizaines de milliers de personnes ont participé au grand rassemblement du Jour de la Terre, dimanche, à Montréal.

Selon les organisateurs de l'événement, environ 250 000 personnes auraient pris part à la marche pour l'environnement qui avait lieu en après-midi dans le centre-ville.

Le coup d'envoi de la manifestation a été donné à 14 h, à la place des Festivals, alors que les cloches de 200 églises ont sonné pendant deux minutes partout dans la province.

De nombreuses personnes étaient venues manifester en famille ou entre amis.

« Je suis content que toute la famille soit là, puis on est surtout content qu'il y ait beaucoup, beaucoup de monde. Puis, on espère que M. Charest et M. Harper vont comprendre qu'on a besoin de changements radicaux importants pour que notre planète se porte mieux. » — Frédéric Tremblay, un manifestant

En cette journée de promotion de l'environnement, les transports en commun, pris d'assaut par les manifestants qui tentaient de se rendre au rassemblement, ont été débordés, même si des trains supplémentaires avaient été ajoutés dans le métro sur les lignes verte, orange et jaune en prévision de l'événement.

La situation est revenue à la normale vers 15 h.

Politiciens et artistes dans la rue

En matinée, une plantation d'arbre symbolique a eu lieu sur un petit terrain vague de Montréal, en présence du ministre québécois de l'Environnement, Pierre Arcand.

Si l'absence générale de représentants du gouvernement libéral provincial et du gouvernement conservateur fédéral a été remarquée, leurs opposants, eux, n'ont pas hésité à prendre la parole. Le chef du NPD, Thomas Mulcair, en a profité pour dénoncer l'exploitation des sables bitumineux.

« On est en train de demander aux générations futures de nettoyer l'air, le sol et l'eau autour des sables bitumineux, alors que nous, on en profite. » — Thomas Mulcair, chef du NPD

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a pour sa part parlé de transport écologique. « On pense qu'on peut réduire encore davantage nos impacts sur les gaz à effet de serre, en allant entre autres vers du transport en commun électrifié et en allant vers le transport, tout court, qui utiliserait des énergies renouvelables », a-t-elle plaidé.

La porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a quant à elle déploré « de voir le gouvernement canadien se dissocier de l'accord de Kyoto, qui est un accord qui n'est même pas si contraignant », considère-t-elle.

Des manifestants dénonçaient aussi le Plan Nord, l'exploitation du gaz de schiste, ou encore la réfection de la centrale nucléaire Gentilly 2.

« On a tellement de bonnes raisons de sortir dans les rues par les temps qui courent! » — L'abbé Raymond Gravel

Des dizaines d'artistes ont pris part à l'événement, notamment Fred Pellerin. « Je pense qu'il y a de quoi qui commence, qu'on cherche depuis plusieurs années c'est où qu'on se croise, qu'on cherche à définir la québécitude et à trouver une affaire qui nous ferait sortir dans la rue, quelque chose autour duquel on serait game de se rassembler. Il y en a qui disaient que ça prenait une Coupe Stanley, mais aujourd'hui, on est sortis. Ça donne à espérer », s'est-il réjoui.

L'auteur-compositeur-interprète Michel Rivard estime que la manifestation témoigne de l'exaspération des gens. « C'est le retour de la conscience citoyenne. (...) C'est le temps de dire qu'on n'en veut plus, de gouvernement qui nous ment, qui triche », a-t-il lancé.

Des étudiants ont également pris part à la manifestation, mais alors que les tensions ont marqué les dernières sorties estudiantines, tout s'est déroulé dans le calme dimanche, comme l'a d'ailleurs souligné le Service de police de la Ville de Montréal.

La journée s'est close sur un spectacle organisé notamment par le metteur en scène et environnementaliste Dominic Champagne, au parc Jeanne-Mance, auquel ont pris part de nombreux artistes, dont Gilles Vigneault, Fred Pellerin, Marina Orsini et Lisa Leblanc.



De nombreux artistes et personnalités publiques, tout comme des milliers de citoyens, ont par ailleurs signé une déclaration qui demande au gouvernement de Stephen Harper de s'attaquer aux changements climatiques et au gouvernement de Québec de se doter d'une stratégie d'exploitation responsable des ressources naturelles.

Déclaration du 22 avril 2012

D'autres villes au pays ont célébré le Jour de la Terre, notamment Winnipeg et Vancouver ainsi que Regina et Ripon, une petite localité de l'Outaouais où les citoyens ont manifesté contre un projet minier.

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