Droits de scolarité au Québec : un débat de société

Grève étudiante : des personnalités publiques appellent Québec à faire preuve d'ouverture

Gérald Larose et Robert Burns, en avant-plan Gérald Larose et Robert Burns, en avant-plan

Dix-huit personnalités québécoises venant d'horizons divers ont signé une Déclaration solennelle demandant à Québec d'ouvrir un dialogue avec les associations étudiantes, au lendemain des heurts devant le Palais des Congrès.

Les signataires estiment qu'il y a « urgence d'agir » afin d'éviter que la situation ne se « dégrade davantage ».

Ils déplorent la façon dont le gouvernement libéral de Jean Charest gère la situation, rappelant qu'il ne s'agit pourtant pas de la première crise à laquelle est confronté l'État québécois, que ce soit la crise d'Oka, l'emprisonnement des chefs syndicaux en 1972 ou les référendums de 1980 et 1995.

« Mais jamais, dans ces moments dramatiques, le gouvernement du Québec, l'État québécois, n'a-t-il opposé une aussi incompréhensible fin de non-recevoir aux groupes s'opposant à ses volontés. Au plus haut niveau de l'État québécois, la porte avait toujours fini par s'ouvrir. Toujours. Mais pas cette fois », peut-on lire dans la déclaration.

Ils estiment que si rien n'est fait, les étudiants, dont ils disent partager les idéaux, risquent « de perdre bientôt ce qui est le plus important : l'espoir et la confiance envers la société et ses mécanismes démocratiques, acquis de haute lutte depuis des générations ».

Parmi les signataires, qui se disent inquiets de la détérioration du climat social, on retrouve Claude Béland, ex-président du Mouvement Desjardins, l'ex-président de la CSN Gérald Larose, l'ancien ministre libéral Jean Cournoyer, le réalisateur et comédien Luc Picard, l'ex-député péquiste et juge à la retraite Robert Burns.

La déclaration met de l'avant quatre propositions :

1- Que le gouvernement rencontre les trois associations étudiantes, et ce, sans délai.

2- Qu'il suspende la hausse de 75 % des droits de scolarité pour les cinq prochaines années.

3 - Que Québec ouvre un débat sur l'éducation et son financement.

4- Que les associations étudiantes mettent fin à leur mouvement de grève après une réponse positive du gouvernement.

« Le tissu social est mis à mal.Il faut se ramener au sujet principal, qui est la question des droits de scolarité. » — Gérald Larose, professeur à Faculté des sciences humaines de l'UQAM

Un conflit qui s'enlise

Le mouvement étudiant multiplie les manifestations depuis dix semaines pour s'opposer à la hausse des droits de scolarité, avec l'appui du PQ, de Québec solidaire, ainsi que d'une large part de la société civile.

Le gouvernement Charest refuse cependant de faire marche arrière sur la hausse des droits. La ministre de l'Éducation du Québec Line Beauchamp a déclaré qu'elle était prête à rencontrer la Fédération étudiante collégiale (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) pour entreprendre des discussions sur la gestion des universités et l'accessibilité aux études.

La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) en est exclue tant qu'elle ne condamne pas explicitement et publiquement les violences commises.

Depuis vendredi, une déclaration du premier ministre, Jean Charest, sur un ton humoristique au sujet des étudiants, au moment où des affrontements avaient lieu à Montréal pour dénoncer le Plan Nord, a provoqué une avalanche de commentaires.

Manifestation étudiante au centre-ville de Montréal le 8 mars. Manifestation étudiante au centre-vielle de Montréal le 8 mars.  Photo :  PC/Graham Hughes

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