Enseignement supérieur au Québec : un débat de société
Au cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu, lundi matin.
Photo : Karine Bastien
Les cours sont suspendus, lundi, au cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu et au Collège de Valleyfield, deux établissements où la direction a annoncé son intention de recommencer des cours malgré des grèves étudiantes.
Au cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu, la direction a annoncé sa décision lundi matin, après avoir constaté que des dizaines d'étudiants bloquaient toutes les entrées de l'immeuble. Des autobus transportant des grévistes d'autres villes étaient aussi attendus.
Le président de la Fédération étudiante du Québec (FECQ) estime que la décision a pris la bonne direction. « Je comprends que la direction veut reprendre les cours, qu'il y a de l'angoisse. Mais c'est important que les décisions démocratiques des étudiants soient respectées », a-t-il dit.
Au Collège de Valleyfield, la direction avait annoncé dimanche que les cours seraient suspendus, mais que les étudiants et les employés auraient accès à l'établissement lundi. Les étudiants étaient convoqués à une assemblée générale, au cours de laquelle ils ont finalement décidé de reconduire la grève.
La direction du Collège a annoncé il y a une semaine qu'elle voulait reprendre les cours afin d'être en mesure de compléter la session. Les deux premières tentatives, jeudi et vendredi, ont échoué en raison des manifestations étudiantes organisées devant l'établissement.
Cours annulés à l'UQO
Les cours ont été annulés pour la journée, lundi, à l'Université du Québec en Outaouais (UQO), à Gatineau, alors qu'ils devaient reprendre le matin conformément à une injonction obtenue vendredi par un groupe d'étudiants. Toutefois, au petit matin, des étudiants en grève ont réussi à pénétrer dans l'établissement pour en bloquer ensuite l'accès. La direction de l'université s'est aussitôt résolue à annuler les cours pour la journée, invoquant des raisons de sécurité.
En après-midi, les avocats de l'UQO ont essayé, en vain, de faire annuler l'injonction de vendredi. La direction de l'école estimait que les risques pour la sécurité des étudiants et du personnel étaient plus grands si l'injonction était maintenue que si le vote de grève était respecté.
Plusieurs dizaines d'étudiants sont restés barricadés à l'intérieur du pavillon Alexandre-Taché pendant toute la journée. Un groupe d'une vingtaine de professeurs ont formé une chaîne humaine devant l'entrée principale du pavillon, de crainte pour la sécurité des étudiants.
Une fois la nouvelle du maintien de l'injonction connue, les étudiants barricadés ont tenu un vote et ont décidé de sortir de l'établissement. Ils ont été accueillis par les applaudissements de dizaines de partisans à l'extérieur.
Le recteur de l'établissement avait demandé aux forces policières de ne pas intervenir de la journée, tant que l'injonction était plaidée en cour.
Selon la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), quelque 170 000 étudiants collégiaux et universitaires sont actuellement en grève au Québec, dont plus de 20 000 à l'UdeM et plus de 6000 à l'UQO.
Certains grévistes entreprennent leur dixième semaine de débrayage. Leur objectif est de faire reculer le gouvernement, qui a décrété une hausse de 1625 $ des droits de scolarité sur cinq ans, à compter de septembre prochain.
Un étudiant de l'UQAR obtient une injonction
À Rimouski, le juge Gilles Blanchet de la Cour Supérieure du Québec a accordé l'injonction provisoire que réclamait un étudiant en génie mécanique de l'Université du Québec à Rimouski, Marc-André Jourdain.
Ayant convaincu le juge qu'il subissait des préjudices irréparables en raison de la grève, Marc-André Jourdain pourra dorénavant suivre les six cours de son programme de génie.
Sa demande d'injonction était faite à titre personnel et ne visait pas à interdire la grève.