Enseignement supérieur au Québec : un débat de société
La présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec, Martine Desjardins, et le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Léo Bureau-Blouin.
La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) pensent que le réseau universitaire du Québec peut trouver en son sein la marge de manoeuvre nécessaire pour assurer son financement sans qu'une hausse des droits soit imposée aux étudiants.
Alors que s'est amorcée la neuvième semaine de conflit dans ce dossier, les deux regroupements proposent des solutions chiffrées pour aller chercher l'argent nécessaire au financement des universités, tout en maintenant le gel des droits.
Dans un point de presse commun, la FEUQ et la FECQ ont indiqué pouvoir dégager 289 millions de dollars sur cinq ans en « coupant dans le gras », comme le précisait en conférence de presse la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins.
Les fédérations publient, pour appuyer leurs dires, un document de recherche qui s'attaque à certains budgets des universités et met en évidence certaines cibles pouvant, selon elles, être comprimées dans le but de dégager les sommes nécessaires.
S'appuyant sur des données publiées par l'Association canadienne du personnel administratif universitaire, la FEUQ et la FECQ s'attaquent aux enveloppes utilisées pour financer l'informatique et les communications ainsi que l'administration et les services généraux, et, dans un deuxième temps, aux salaires de la haute direction des universités et du personnel de direction des établissements.

Les fédérations font trois propositions principales :
- geler les dépenses de postes budgétaires non liés à l'enseignement ou à la recherche, ce qui selon elle représenterait une économie de 289,3 millions de dollars;
- ramener les salaires des recteurs universitaires au niveau du Réseau de l'Université du Québec, pour des économies évaluées à 6,9 millions
- réévaluer les dépenses en personnel de gérance à l'Université McGill.
Les fédérations promettent deux autres annonces dans les jours qui viennent et assurent que la mobilisation demeure forte.
Le plan de sortie de crise de Québec solidaire
Amir Khadir, député de Mercier (Québec solidaire)
De son côté, Québec solidaire propose un plan de sortie de crise, tout en mettant la faute entièrement sur les épaules du gouvernement Charest dans ce dossier.
Le député de Mercier et porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir, indique que le simple fait d'instaurer une taxe sur le capital des entreprises financières permettrait de faire respecter les objectifs de financement universitaire que le gouvernement libéral a lui-même fixés.
Il juge que malgré les inconvénients de la grève, la population doit socialement se lever et appuyer le mouvement de protestation étudiant face à un gouvernement qu'il qualifie de « têtu ».
Il réitère que la question du financement des universités est une question de choix de société.