Enseignement supérieur au Québec : un débat de société

Financement des universités : les solutions de la FEUQ et de la FECQ

La présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec, Martine Desjardins, et le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Léo Bureau-Blouin. La présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec, Martine Desjardins, et le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Léo Bureau-Blouin.

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) pensent que le réseau universitaire du Québec peut trouver en son sein la marge de manoeuvre nécessaire pour assurer son financement sans qu'une hausse des droits soit imposée aux étudiants.

Alors que s'est amorcée la neuvième semaine de conflit dans ce dossier, les deux regroupements proposent des solutions chiffrées pour aller chercher l'argent nécessaire au financement des universités, tout en maintenant le gel des droits.

Dans un point de presse commun, la FEUQ et la FECQ ont indiqué pouvoir dégager 289 millions de dollars sur cinq ans en « coupant dans le gras », comme le précisait en conférence de presse la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins.

« On demande à la ministre de revenir sur sa décision d'augmenter les droits de scolarité et de mettre en oeuvre nos solutions. » — Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ

Les fédérations publient, pour appuyer leurs dires, un document de recherche qui s'attaque à certains budgets des universités et met en évidence certaines cibles pouvant, selon elles, être comprimées dans le but de dégager les sommes nécessaires.

« Maintenir les universités abordables pour les étudiants, c'est possible, c'est le message que nous voulons envoyer à la ministre de l'Éducation. » — Martine Desjardins, présidente de la FEUQ

S'appuyant sur des données publiées par l'Association canadienne du personnel administratif universitaire, la FEUQ et la FECQ s'attaquent aux enveloppes utilisées pour financer l'informatique et les communications ainsi que l'administration et les services généraux, et, dans un deuxième temps, aux salaires de la haute direction des universités et du personnel de direction des établissements.

Ces données proviennent de la FEUQ, dans un document intitulé Les étudiants proposent : révisons les dépenses universitaires. Elles se penchent sur les années 2003-2004 et 2008-2009.

Les fédérations font trois propositions principales :
- geler les dépenses de postes budgétaires non liés à l'enseignement ou à la recherche, ce qui selon elle représenterait une économie de 289,3 millions de dollars;
- ramener les salaires des recteurs universitaires au niveau du Réseau de l'Université du Québec, pour des économies évaluées à 6,9 millions
- réévaluer les dépenses en personnel de gérance à l'Université McGill.

« Les universités n'ont pas la légitimité d'exiger une nouvelle hausse des frais de scolarité quand on constate l'ampleur de la mauvaise gestion. Il est plus que temps que l'on serre la vis aux directions universitaires afin de s'assurer que l'argent du public et des étudiants soit bien géré. » — Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ

Les fédérations promettent deux autres annonces dans les jours qui viennent et assurent que la mobilisation demeure forte.

Fin mars, une compilation obtenue par Radio-Canada montrait que certains recteurs d'établissements québécois reçoivent plus d'un demi-million de dollars par année.

Le plan de sortie de crise de Québec solidaire

Amir Khadir, député de Mercier Amir Khadir, député de Mercier (Québec solidaire)

De son côté, Québec solidaire propose un plan de sortie de crise, tout en mettant la faute entièrement sur les épaules du gouvernement Charest dans ce dossier.

« Est-ce qu'il est normal que les banques fassent 25 milliards de profit et qu'on aille piger dans les poches de la classe moyenne? » — Amir Khadir

Le député de Mercier et porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir, indique que le simple fait d'instaurer une taxe sur le capital des entreprises financières permettrait de faire respecter les objectifs de financement universitaire que le gouvernement libéral a lui-même fixés.

« Un taux de base à 0,3 % générerait les 228 millions de dollars que la hausse veut aller chercher dans les poches des étudiants et de leurs parents. La gratuité scolaire serait quant à elle atteinte avec un taux de base à 0,8 % appliqué progressivement. » — Le député Amir Khadir

Il juge que malgré les inconvénients de la grève, la population doit socialement se lever et appuyer le mouvement de protestation étudiant face à un gouvernement qu'il qualifie de « têtu ».

Il réitère que la question du financement des universités est une question de choix de société.

Les engagements de Québec solidaire
Un gouvernement solidaire annulerait immédiatement les hausses de 500 $ appliquées depuis 2007 ainsi que celles de 1625 $ prévues durant les cinq prochaines années. Ce scénario de sortie de crise verrait les frais de scolarité universitaires être ramenés à zéro d'ici 2017-2018.
Position des autres partis de l'opposition à Québec sur les droits de scolarité:
Parti québécois :
Aussitôt au pouvoir, le Parti québécois abolirait la hausse de 1625 $ des droits de scolarité annoncée par les libéraux et décréterait un nouveau gel. L'opposition péquiste juge déraisonnable le rattrapage de 325 $ par année sur cinq ans que veut imposer le gouvernement Charest aux étudiants à compter de l'automne 2012.
Coalition avenir Québec:
Pour une augmentation des droits de scolarité. Prône certaines mesures d'atténuation.

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