Droits de scolarité au Québec : un débat de société

Les 3 regroupements étudiants s'unissent pour contester les mesures de Québec

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Front commun étudiant Léo Bureau-Blouin de la FECQ et Gabriel Nadeau-Dubois de la CLASSE

Les trois principales organisations étudiantes, la FECQ, la FEUQ et la CLASSE, rejettent de façon unanime l'annonce faite jeudi par le gouvernement Charest sur l'aide financière aux études et invitent les étudiants à poursuivre la grève.

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) disent qu'elles feront désormais front commun en vue d'éventuelles négociations avec le gouvernement pour le faire reculer sur la hausse des droits de scolarité.

Selon une analyse de la FEUQ, la bonification de l'aide financière promise par le gouvernement Charest coûtera beaucoup plus cher que les 21 millions de dollars annoncés. La fédération critique aussi la hausse des montants qui seraient prêtés aux étudiants. « En gros, la mesure triple l'endettement des étudiants de la classe moyenne, une situation semblable à ce qu'avait proposé le gouvernement en 2005 », écrit-elle. Enfin, la FEUQ souligne que le remboursement proportionnel au revenu ne règle pas le problème de l'accessibilité aux études.

Analyse par la FEUQ des mesures proposées par le gouvernement Charest

Les organisations ont indiqué qu'elles exigeront d'être toutes trois à la table de négociations avec Québec si des négociations sont entreprises. La CLASSE a tenu à préciser que les plans d'action sur le terrain demeureront parallèles.

Les leaders étudiants ont indiqué se sentir plus près que jamais de parvenir à leur objectif, alors que, disent-ils, des discussions ont été entamées avec le ministère de l'Éducation pour organiser une rencontre avec la ministre Line Beauchamp au début de la semaine prochaine. Les organisations ont toutefois prévenu qu'il n'y aura pas de négociations si la seule concession de Québec concerne les prêts étudiants.

Jeudi, Québec a annoncé qu'il allait élargir son programme de prêts étudiants et mettre en place un régime de remboursement proportionnel au revenu.

Selon les trois organisations étudiantes, l'offre de Québec va contribuer à l'endettement des étudiants. La FECQ, la FEUQ et la CLASSE disent que l'offre de la ministre Beauchamp est « insultante » et « inacceptable ».

« On crache au visage du mouvement étudiant avec une offre comme celle-là [...] Lorsqu'on crache au visage du mouvement, le mouvement étudiant répond », a déclaré le co-porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois. Selon lui, cela ne fera que mobiliser davantage les étudiants dans leur lutte.

La ministre Beauchamp réagit

La ministre Line Beauchamp a réagi au point de presse des dirigeants étudiants en précisant que le gouvernement avait fait une annonce jeudi et non une proposition à leurs demandes.

« Ce ne sont pas des propositions, mais bel et bien des mesures concrètes afin d'aider les étudiants », a déclaré la ministre dans un communiqué.

Mme Beauchamp a précisé que des appels téléphoniques avaient eu lieu avec les porte-parole des trois regroupements étudiants jeudi, mais qu'il ne s'agissait pas de négociations. Elle a aussi précisé qu'aucune rencontre avec les leaders étudiants n'était prévue.

Elle a répété que le gouvernement entendait demeurer ferme sur sa décision d'augmenter les droits de scolarité.

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