Les différentes fédérations étudiantes entendent maintenir la pression sur le gouvernement de Jean Charest dans la foulée du succès de la manifestation du 22 mars dernier.
Après le congrès de ce week-end, le porte-parole de l'une d'entre elles, la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois, a annoncé lundi la multiplication des « actions de perturbations » menées par les étudiants pour marquer une nouvelle étape de la contestation contre la hausse des droits de scolarité à la suite du rassemblement « historique » de la semaine dernière à Montréal.
De leur côté, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) partent en campagne dans dix circonscriptions arrachées de justesse par des libéraux aux dernières élections. Ils espèrent ainsi empêcher leur réélection à l'Assemblée nationale lors du prochain scrutin.
Lundi, plusieurs manifestations ont d'ailleurs eu lieu à Montréal. En début d'après-midi, des étudiants ont brièvement occupé l'entrée des bureaux de la Fédération des cégeps, boulevard Crémazie. Les policiers ne sont pas intervenus, et l'occupation s'est terminée spontanément.
Des étudiants ont également bloqué l'accès à des pavillons de l'Université de Montréal et de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).
D'autres se sont rendus lundi matin devant l'hôtel de ville, où se trouvait le ministre des Finances, Raymond Bachand, pour y faire une annonce sur un projet de campus de l'Université de Montréal.
Ouvrir de nouveaux fronts
La CLASSE veut également élargir son rayon d'action. Le regroupement d'associations étudiantes ne se contentera plus de dénoncer la hausse des droits de scolarité, mais décriera aussi le contexte général dans lequel elle survient.
Reprochant au gouvernement Charest la privatisation grandissante des services publics depuis son arrivée au pouvoir, la CLASSE veut maintenant s'élever contre la gestion libérale de la province. M. Nadeau-Dubois précise que les étudiants se joindront ainsi à la manifestation des syndiqués en lock-out de Rio Tinto Alcan d'Alma qui se déroulera samedi prochain.
La CLASSE tiendra également un grand forum populaire le 9 avril prochain à Montréal. Elle invite la population à venir discuter avec les étudiants pour déterminer le meilleur moyen de faire de la cause étudiante une lutte politique plus large.
« Dans les dernières semaines, on a entendu plusieurs organisations, on a entendu des artistes appeler à un printemps québécois, appeler à une mobilisation générale des travailleurs et des travailleuses pour contester, de manière générale, la direction que prend le Québec depuis quelques années », a déclaré M. Nadeau-Dubois.