Enseignement supérieur au Québec : un débat de société
Ce n'était pas une journée de relâche dimanche pour les étudiants, qui tenaient des manifestations familiales pour dénoncer la hausse des droits de scolarité à Montréal, Québec, Sherbrooke et Alma.
À Montréal, une marée humaine composée d'étudiants et de leur famille a envahi le parc La Fontaine, dans une ambiance plutôt festive, même si plusieurs faisaient part de leur indignation devant les politiques du gouvernement Charest. Ces manifestants (5000 selon le SPVM, 30 000 selon les organisateurs) ont ensuite marché vers le bureau de la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, rue Fullum.
La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, qui regroupe plus de 140 organismes, a profité de cette journée pour organiser une conférence citoyenne. Le président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec, Jean Trudelle, a déclaré que la classe moyenne sera fortement touchée si l'augmentation des tarifs est approuvée.
Le fait que 22 % plus d'étudiants provenant de milieux défavorisés ou de régions éloignées fréquentent les campus québécois qu'ailleurs au Canada illustre bien, selon lui, que le gouvernement ne doit pas toucher aux droits de scolarité.
À Sherbrooke, plus de 1000 personnes ont marché de l'hôtel de Ville jusqu'aux bureaux du ministère de l'Éducation. Plusieurs participants n'avaient pas encore l'âge des études postsecondaires. Un adolescent rencontré par Radio-Canada a affirmé qu'il se sentait concerné parce qu'il voulait « pouvoir faire son travail plus tard ».
À Québec, plus de 400 manifestants de tous les groupes d'âge se sont rassemblés au cégep Limoilou, point de départ d'une marche qui les a amenés à la Basse-Ville de la capitale. L'une des personnes présentes a décrit l'éducation comme un « bien public ».
Le gouvernement Charest a annoncé l'an dernier une hausse des droits de scolarité de 1625 $ en cinq ans, à compter de l'automne prochain.
Un souper perturbé
Samedi, des étudiants ont tenté de perturber la soirée du premier ministre Jean Charest, alors qu'il mangeait à Montréal.
Des manifestants se sont rassemblés devant le restaurant Au pied de cochon en arborant une banderole noire. Une dizaine de policiers les ont repoussés. Aucune arrestation n'a été effectuée.
Plus tôt dans la journée, tandis qu'il participait à la Commission jeunesse de son parti, Jean Charest a réitéré qu'il ne reculerait pas sur la hausse des droits de scolarité.
De vendredi soir à samedi, des étudiants ont par ailleurs organisé un « marathon musical » de plus de 24 heures à l'église St-John the Evangelist, et dans la salle de spectacle L'Astral. La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a aussi annoncé « ses propositions budgétaires et ses alternatives » à la hausse des droits de scolarité.
À ce jour, plus de 200 000 étudiants participent au mouvement de contestation.
La mobilisation atteindra son point culminant jeudi prochain, journée de manifestation « nationale ».