Droits de scolarité au Québec : un débat de société

32 500 étudiants en grève

Lors du congrès de la CLASSE, samedi, à l'Université Laval. Lors du congrès de la CLASSE, samedi, à l'Université Laval.

Le mouvement de protestation contre la hausse des droits de scolarité décrétée par Québec continue de prendre de l'ampleur. Lundi, quelque 32 500 étudiants collégiaux et universitaires du Québec sont en grève, selon la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).

Il s'agit d'un bond de plus de 70 % par rapport aux 18 530 étudiants de l'Université Laval, de l'Université du Québec à Montréal et de l'Université de Montréal qui débrayaient vendredi.

L'Association étudiante du Cégep de Saint-Laurent (3500 étudiants), l'Association générale des étudiantes du Collège de Valleyfield (1965) et ceux de l'Association facultaire étudiante en langues et communication de l'UQAM (3900) sont les principaux syndicats étudiants à venir grossir les rangs des grévistes lundi.

Toujours selon la CLASSE, 24 associations étudiantes regroupant 21 400 personnes ont en main un mandat de grève générale illimitée, mais sans être encore passé à l'action. Plusieurs d'entre elles ont conditionné leur participation à l'atteinte d'un certain plancher.

À l'Université de Montréal, par exemple, des associations ne déclencheront la grève que lorsque 7 associations étudiantes réparties sur trois campus auront voté en faveur de la grève, et que 5 associations de l'université regroupant 2500 ou 3000 étudiants l'auront fait.

La CLASSE affirme que le nombre d'étudiants en grève passera à 36 000 dès mardi.

Les étudiants du Collège de Maisonneuve (6100), du Cégep Limoilou - Campus Québec (3750), du Cégep André-Laurendeau (3500), du Cégep de Jonquière (3200) du Cégep de Rosemont (2550), du Cégep de Victoriaville (1500) et du Cégep d'Alma (1200) se prononceront aussi sur l'opportunité de déclencher la grève cette semaine en assemblée générale.

Les associations étudiantes du secteur des sciences du secteur de l'éducation de l'UQAM (3200 et 5000 étudiants), l'Association générale des étudiant(e)s de l'Université du Québec en Outaouais (6400) feront de même.

D'autres votes de grève sont prévus ailleurs en province dans les semaines subséquentes.

Les étudiants demandent au gouvernement de renoncer complètement à la hausse annuelle de 325 $ par année, prévue dans le dernier budget. Après cinq ans, cette hausse fera passer les droits de scolarité pour une année d'études universitaires d'environ 2200 $ à 3800 $ par année.

Le Québec compte environ 180 000 étudiants à temps plein au niveau collégial, selon des chiffres du ministère de l'Éducation, et 270 000 étudiants au niveau universitaire, en incluant ceux qui étudient à temps partiel, selon la Fédération universitaire du Québec.

Un porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, admet que la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, n'a toujours pas daigné rencontrer des représentants de la coalition étudiante, comme ils le réclament.

« On a bien confiance qu'au fur et à mesure qu'on va se mobiliser, au fur et à mesure qu'on va être de plus en plus en grève et de plus en plus dans les rues, qu'il va arriver un moment durant la grève où la ministre n'aura en fait simplement plus le choix de nous écouter », a-t-il déclaré lundi sur les ondes du Réseau de l'information.

« Plus elle va attendre, plus la grève va être massive, plus son système d'éducation va être paralysé, donc c'est vraiment tout à son avantage de trouver rapidement avec nous une sortie de crise », estime-t-il.

Manifestation à Montréal

Des centaines d'étudiants se sont rassemblés à la place Émilie-Gamelin, près de l'UQAM. Ils ont marché pendant plusieurs heures dans le centre-ville avant de se disperser dans le calme.

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