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La Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) se prononce pour l'implantation de l'anglais intensif à la fin du cycle primaire, tout en faisant part de préoccupations majeures quant à la mise en oeuvre du programme. La ministre de l'Éducation Line Beauchamp dit comprendre le point de vue des parents, et affirme être prête à faire preuve de souplesse dans l'implantation du programme.
La position de la Fédération des comités de parents du Québec se base sur les propos recueillis auprès des parents réunis lors de leur conseil général, tenu le week-end dernier, au cours duquel les délégués présents ont voté à 87 % pour l'implantation de l'anglais intensif.
Les préoccupations des parents ont aussi été recueillies dans le cadre d'un forum regroupant des parents d'enfants handicapés ou ayant des besoins particuliers.
Finalement, un sondage a aussi été mené auprès de 577 parents faisant partie de comités scolaires partout au Québec .
Selon la FCPQ, la recherche est claire quant aux bénéfices associés à l'enseignement intensif de l'anglais, un programme scolaire « qui a fait ses preuves ». « On l'a testé au cours des 30 dernières années. Il y a eu des études, des rapports, et de beaux succès », souligne Gaston Rioux, président de la FCPQ.
Par ailleurs, la FCPQ croit que certaines conditions devront être remplies pour s'assurer de la mise en oeuvre harmonieuse d'un tel programme dans les écoles du Québec. Elle met en avant trois propositions pour y arriver :
La FCPQ suggère notamment que le réseau de l'éducation présente un bilan national d'implantation du programme après trois ans, afin de diffuser les bonnes pratiques et d'apporter les ajustements nécessaires.
Les parents estiment également qu'il doit appartenir à chaque milieu de choisir le modèle qu'il privilégiera quant aux heures d'enseignement de l'anglais, qui pourraient être de 400, 350 ou 300 heures.
« Il en va de même pour le modèle : est-ce qu'on choisit cinq mois intensifs, ou chaque matinée consacrée à l'anglais ou un modèle de tiers temps? Le fait-on en 5e ou en 6e année? Encore ici, nous estimons qu'il appartient à chaque milieu de déterminer la formule qui lui convient », explique M. Rioux.
Finalement, les parents jugent qu'il est essentiel que les mesures, les ressources et les moyens nécessaires à la réussite des élèves ayant des besoins particuliers soient présents dans les plans d'intervention du gouvernement.
La ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport du Québec, Line Beauchamp
La ministre dit comprendre les demandes des parents
La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a affirmé qu'elle considérait que les demandes des parents étaient légitimes. Elle a dit que le gouvernement voulait « montrer le plus de souplesse possible » dans l'implantation du programme, notamment en ce qui a trait au nombre d'heures d'enseignement et au modèle d'enseignement.
La ministre a aussi rappelé que le programme, qui doit être implanté à toutes les classes de 6e année d'ici 2015-2016, sera mis en oeuvre de façon progressive. Elle a expliqué que le plan prévoit une implantation à la hauteur de 20 % des classes lors de la deuxième année, de 35 à 40 % à la troisième année, de 65 % à la quatrième, pour tendre vers le 100 % lors de la cinquième.
Mme Beauchamp a par ailleurs souligné que déjà 10 % des classes de 6e année du Québec offrent déjà un programme d'anglais intensif. Elle a relevé que l'expérience de la région du Lac-Saint-Jean, où l'anglais intensif est offert systématiquement dans plusieurs écoles, montre qu'une implantation à l'échelle du Québec est possible. La ministre a ajouté que des études ont démontré que l'expérience n'influence pas de façon négative les résultats scolaires des élèves.
« En termes très familiers, je vous dirais qu'un élève fort reste fort, un élève moyen reste moyen, et l'élève faible peut rester faible. Mais même chez les enfants qui sont plus faibles, on remarque des effets positifs sur l'estime de soi, parce que de façon très rapide ils voient des progrès dans une matière et ils voient qu'ils sont capables de cheminer presque au même rythme que les autres », a affirmé la ministre.
Quant aux possibles problèmes de recrutement des professeurs, Line Beauchamp affirme que le gouvernement ne prévoit pas avoir de difficulté à recruter des enseignants pour les trois premières années du programme. « Il y a un enjeu pour l'année 4 et l'année 5, et on travaille déjà au gouvernement sur cette question du recrutement des professeurs d'anglais », a déclaré la ministre.
La semaine dernière, deux des plus importants syndicats de l'enseignement se sont retirés des discussions menées par le ministère de l'Éducation au sujet de l'implantation de l'anglais intensif.