L'hôtel de ville de Verchères
Des instances des milieux municipaux s'unissent pour dénoncer la violence contre les élus et les fonctionnaires après les événements tragiques de vendredi dernier, à Verchères, où le directeur général de la ville et son adjoint ont été agressés au couteau par un citoyen.
Réunies à Trois-Rivières, les associations de directeurs municipaux de la province ont lancé vendredi un cri d'alarme, car le cas de Verchères n'est pas isolé, selon eux. Ils citent l'exemple de l'assassinat, en janvier 2008, de la directrice générale de Saint-Rémi-de-Tingwick, Renée Vaudreuil, tuée dans son bureau par un citoyen en colère contre l'administration de la Ville.
« Des gestes aussi tragiques sont rares », concède le président de l'Association des directeurs municipaux du Québec, Charles Ricard. Mais selon lui, les comportements violents, qu'il s'agisse d'agressions physiques, d'intimidation verbale ou de vandalisme contre les voitures ou les maisons d'élus, sont fréquents dans le monde municipal.
M. Ricard associe ce phénomène à la mentalité de certains citoyens qui considèrent qu'ils « payent le salaire » des élus, et donc que cela leur octroi des droits spéciaux sur eux.
La proximité du palier de gouvernement municipal avec les citoyens pourrait également constituer un facteur aggravant.
Après l'assassinat de Renée Vaudreuil en 2008, les associations municipales avaient élaboré une « politique de tolérance zéro violence ». Depuis le drame de Verchères, ils sont déterminés à lancer une campagne de sensibilisation contre la violence envers les élus et les employés municipaux.
Pendant ce temps, à la mairie de Verchères, les employés se remettent du drame et souhaitent que la population tire une leçon de respect de cet événement.
Donald Martel, un représentant de l'Association des directeurs généraux des MRC du Québec, espère qu'une plus grande collaboration entre les policiers de la Sûreté du Québec et les élus permettra de mieux gérer les situations de violences dans le milieu municipal, et que cela aidera à poursuivre en justice les individus qui font de l'intimidation.
Avec un reportage d'Isabelle Girard