Québec augmente son budget pour restaurer les églises

Coeur d'une église

Le gouvernement du Québec, qui travaille sur une stratégie pour protéger le patrimoine religieux à long terme, débloque près de 2,5 millions de dollars supplémentaires pour restaurer 20 lieux de cultes.

Cette somme s'ajoute aux 13 millions déjà prévus pour l'année financière 2011-2012.

Ces sommes seront investis dans 103 projets de restauration pour refaire des toitures, consolider des clochers, refaire des parvis et retravailler des vitraux et des corniches.

La moitié de ces projets sont concentrés dans les ville des Québec et de Montréal. Ils touchent 94 lieux de culte qui ont été construits avant 1945.

Une enveloppe budgétaire d'environ 665 000 $ a aussi été prévue pour la restauration d'orgues, d'oeuvres d'art et de pièces de mobilier que ces édifices abritent.

Québec assume environ 70 % du coût total des travaux, ce qui réjouit le Conseil du Patrimoine religieux du Québec, qui aurait toutefois aimé obtenir 2 millions de dollars de plus. Son président, Michel Lavoie, est tout de même satisfait d'avoir reçu les subventions dont il avait besoin « pour réaliser le plus urgent ».

Travaux de rénovation sur une église

De nouvelles vocations pour les églises

La ministre responsable du Patrimoine, Christine Saint-Pierre, a par ailleurs annoncé mercredi qu'une stratégie pour la protection à long terme du patrimoine religieux sera dévoilée à l'automne 2012. Elle a mandaté un spécialiste de la question pour travailler sur cette stratégie.

La vocation de certains bâtiments religieux sera peut-être revue, comme cela s'est déjà fait dans le cas d'églises qui ont été transformées en bibliothèques ou en centres d'art.

Depuis 1995, le gouvernement investit en moyenne 20 millions de dollars par année pour restaurer le patrimoine religieux, pour un total de 257 millions. Le Conseil du Patrimoine religieux ajoute que la participation gouvernementale a par ailleurs entraîné des investissements privés de 122 M$ au cours des ans.

« Ces sommes ne semblent plus suffire », estiment cependant la ministre et le Conseil, qui espèrent favoriser « une plus grande appropriation du patrimoine par la population ». La ministre Saint-Pierre rappelle notamment que les dons faits pour la restauration du patrimoine religieux sont déductibles d'impôt. « Est-ce que les gens le savent? Je pense que non. Il y a peut-être une pédagogie à faire sur quelle place peut prendre le citoyen là-dedans », dit-elle.

La ministre croit aussi que si la population se désintéresse de la religion, cela ne doit pas pour autant affecter le patrimoine religieux.

« La population peut avoir un intérêt pour le patrimoine, mais pas nécessairement un intérêt pour la religion. » — Christine Saint-Pierre, ministre responsable du Patrimoine

Selon la ministre St-Pierre, plusieurs édifices jadis « dévolus au culte, sont en train de devenir un patrimoine culturel ».

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