Le suicide de Marjorie Raymond relance le débat sur l'intimidation

Marie-Ève Lacas parle d'un projet prometteur dans une école secondaire pour vaincre l'intimidation chez les filles.

Le suicide de Marjorie Raymond et la lettre que la jeune fille a écrite à ses parents avant de mettre fin à ses jours continuent de susciter des réactions un peu partout au Québec.

Durant la période des questions l'Assemblée nationale, le Parti québécois est revenu sur la question en dénonçant les nombreuses failles dans le système de prévention. Le PQ reproche notamment au gouvernement d'avoir mis en place un plan d'action pour lutter contre l'intimidation scolaire qui ne serait qu'une « coquille vide ».

Donnant en exemple une initiative française, le député Sylvain Gaudreault, porte-parole du PQ en matière d'éducation, préconise de fermer les pages Facebook des élèves qui font de l'intimidation sur Internet, déplorant des « dérapages importants » qui surviennent sur les réseaux sociaux.

Certains commentaires intensifient selon lui la pression et l'intimidation. « Ça peut isoler encore plus et briser l'estime de soi des élèves qui sont victimes de ça », estime-t-il. « Il suffit d'aller voir les commentaires qui ont été publiés sur Facebook avant la situation qu'on a malheureusement connue à Sainte-Anne-des-Monts », illustre le député de Jonquière.

En mai dernier, le ministère français de l'Éducation nationale a conclu un partenariat avec e-Enfance, une association qui a pour mission d'éduquer les enfants et adolescents à une bonne utilisation d'Internet. Les directions d'écoles peuvent lui signaler des cas de harcèlement pour lesquels elle peut demander à Facebook de fermer des comptes.

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a affirmé que les autorités québécoises suivaient de près cette initiative. Le gouvernement français « a lui-même reconnu toutes les difficultés pour arriver à ce contrôle des pages Facebook parce qu'il y a quand même plusieurs embûches et plusieurs éléments », a-t-elle cependant ajouté.

À Ottawa, le député néo-démocrate Dany Morin a par ailleurs indiqué qu'il déposerait, dès le retour des Fêtes, un projet de loi privé s'attaquant à l'intimidation. « Le but, ce n'est pas de punir des enfants qui n'ont pas toute la conscience de la portée de leurs gestes », a expliqué le député de Chicoutimi-Le Fjord, qui a lui-même été victime d'intimidation au cours de son enfance, mais bien de mier sur « la prévention ».

Comment lutter contre l'intimidation à l'école : votre avis

Vendredi à midi, l'équipe de Sur le web vous invite à participer à un clavargade en direct sur les moyens de lutter contre l'intimidation à l'école. Alain Johnson, directeur des services cliniques en français de l'organisme « Jeunesse, J'écoute » tentera de répondre à vos questions.

Éduquer et dénoncer

Le boxeur québécois Jean Pascal Le boxeur Jean-Pascal a lui aussi été victime d'intimidation à l'adolescence.

Dans un autre registre, le boxeur Jean Pascal a lui aussi réagi en racontant son adolescence. « À 13 ans, je mesurais cinq pieds deux, je pesais 90 livres et j'avais la peau noire », égrène-t-il en avouant avoir souffert des moqueries de ses camarades. Il estime aujourd'hui que le rôle des adultes consiste à éduquer les enfants, en n'hésitant pas à intervenir au moindre souci.

Ce conseil a été aussi formulé par une porte-parole de la Sûreté du Québec. « Il faut favoriser la communication avec les enfants, surtout en cas de changement de comportement », a déclaré le Sergent Geneviève Bruneau, en entrevue sur le plateau de RDI en direct. Elle encourage notamment les parents à découvrir ce qu'il se passe au moindre soupçon, les exhortant à dénoncer les comportements « pour que les choses avancent ».

Mme Bruneau a également rappelé que le site Internet de la Sûreté du Québec (www.suretequebec.gouv.qc.ca/) héberge une section dédiée aux conseils pour prévenir le taxage et les intimidations.

La mairesse de Sainte-Anne-des-Monts, Micheline Pelletier, parle du suicide de Marjorie Raymond, de l'intimidation et de ce qu'il faut faire pour la combattre.

En réaction à la lettre de Marjorie, qui lui a « donné envie de pleurer », l'humoriste Laurent Paquin a réalisé une vidéo diffusée sur YouTube, que vous pouvez consulter dans notre chronique Sur le web. Son objectif : inciter les gens à réagir, et encore plus à agir. « On se pose aujourd'hui beaucoup de questions, mais il y a aussi des gestes à poser », considère-t-il.

Quand vous parlez d'intimidation à la première personne

De nombreuses personnes ont écrit à Radio-Canada.ca pour parler de leur expérience avec l'intimidation et des conséquences sur leur vie. Vous pouvez lire plusieurs témoignages dans la chronique Sur le web.

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