La GRC enquête sur 5 autres vérificateurs de Revenu Canada

Le reportage d'Alain Gravel

Exclusif - Le scandale sur des allégations de corruption à l'Agence du revenu du Canada prend de l'ampleur. Selon ce qu'ont appris-Radio-Canada et le Globe and Mail, cinq autres vérificateurs font l'objet d'une enquête de la GRC pour avoir tenté de soutirer des pots-de-vin à des restaurateurs de Montréal. En retour, ces vérificateurs se seraient engagés à réduire le montant de certains avis de cotisation.

Il y a maintenant quatre ans que la GRC enquête sur des allégations de corruption à l'Agence du revenu du Canada à Montréal. Les policiers vont de surprise en surprise à mesure que progresse l'enquête.

Dans des documents de cour dont nous avons pris connaissance, la GRC allègue que cinq vérificateurs de l'Agence auraient tenté de soutirer des pots-de-vin à quatre restaurateurs de Montréal, en échange d'une réduction de leur cotisation d'impôt.

Trois de ces vérificateurs ont été arrêtés récemment et ont été relâchés après avoir été interrogés par les enquêteurs. Aucune accusation à ce jour n'a été déposée dans cette affaire.

Le cas le plus spectaculaire est le restaurant Arahova, sur la rue Saint-Viateur, où des vérificateurs auraient tenté d'arracher au propriétaire une somme de 250 000 $ pour lui éviter une cotisation sur des revenus non déclarés de plus de 3 millions de dollars, une somme gonflée selon le propriétaire.

Ils se seraient finalement entendus pour un montant 50 000 $ en coupures de 100 $, qui aurait été remis à un vérificateur, Elias Kawkab.

Restaurant Arahova Restaurant Arahova

Dans un autre cas, au restaurant La Belle Place, sur Ontario Est, un autre vérificateur serait allé jusqu'à négocier avec le fils du propriétaire un pot-de-vin de 90 000 $ dans les toilettes de l'établissement, pot-de-vin qui, finalement, n'a pas été versé.

Depuis que l'émission Enquête a diffusé des reportages sur les allégations de corruption au sein de l'Agence du Revenu, la tension ne cesse de grimper. Voilà qu'on parle d'une série de nouvelles menaces.

En décembre dernier, un cadre qui avait été chargé d'y faire le ménage a été tabassé à la sortie d'un restaurant. Depuis, quatre cas de menace ont été rapportés au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

« Ce qui est à la base de tout ça, c'est un événement de voies de fait qui était commis en décembre dernier. Au total, on parle de cinq événements qu'on a décidé de relier ensemble. De quelle nature sont les autres plaintes? Ça on se garde ça pour nous », souligne Ian Lafernière, du SPVM .

Il y a un mois, la femme de celui qui mène l'enquête sur la corruption à Revenu Canada, David Cavanagh, recevait un appel de menace contre sa famille à Blainville. L'appel avait été fait d'une cabine téléphonique près d'une station-service. Les images captées par une caméra de surveillance ont permis aux policiers d'en identifier l'auteur. Il s'agirait d'un ancien employé de l'Agence.

Quelques jours plus tard, deux enquêteurs et le directeur de l'Agence du bureau de Montréal, Patrice Chouinard, ont reçu des tuques sur lesquelles était imprimée une tête de mort.Ces nouvelles menaces pourraient avoir un lien avec le témoignage à l'émission Enquête, en mars dernier, d'une personne provenant du service de la vérification de l'Agence, qui, pour ne pas être reconnue, portait justement une tuque.

Selon le reportage d'Alain Gravel

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