Bulletin symbolique remis à la ministre de l'Éducation
Les deux plus importants syndicats de l'enseignement primaire et secondaire du Québec ont remis mardi à la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, un bulletin lui indiquant qu'elle est sur la voie de l'échec à moins d'un revirement de situation.
Par ce geste symbolique, la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) et l'Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ-QPAT) veulent presser la ministre et son ministère de procéder à des changements dans trois dossiers d'ici la prochaine rentrée.
Les quelque 70 000 enseignants demandent des changements au bulletin unique, qui doit entrer en vigueur en septembre. Ils pressent la ministre de respecter ses engagements de simplifier le processus d'évaluation pour qu'il facilite la tâche de tous les enseignants.
Ils veulent aussi que Québec en fasse davantage pour améliorer l'intégration des élèves en difficulté. Les syndicats disent toujours attendre les lignes directrices promises depuis 2008 sur cette question. Ils soutiennent que ces orientations doivent être connues dans les prochaines semaines afin d'assurer des conditions d'intégration optimales.
Contre les taux de réussite artificiels
Les enseignants demandent aussi à la ministre et au ministère de mettre à la poubelle les cibles chiffrées de réussite. Selon eux, cette « vision comptable » provoque des dérives inacceptables qui minent la crédibilité des résultats des élèves. Parmi ces dérives, ils mentionnent l'augmentation injustifiée des notes, le changement de notes par d'autres personnes que les enseignants et les limites arbitraires sur le nombre d'échecs par classe. Toutes ces mesures, disent-ils, créent un taux de réussite artificiel simplement pour satisfaire des objectifs.
La présidente de la FSE, Manon Bernard, estime que la ministre Beauchamp doit absolument revoir son projet d'établir comme cible que 80 % des élèves obtiennent leur diplôme de secondaire 5, sans ajouter de ressources additionnelles pour les écoles.
« Les directions vont faire pression sur les enseignantes pour être moins sévères dans les corrections, pour limiter le nombre d'échecs dans les classes. On a une pensée magique qu'en fixant une cible, tout va se faire. Qu'est-ce qu'on veut au Québec, une note qui veut dire quelque chose ou une note artificielle? », avance-t-elle.
Les centrales syndicales font valoir que l'année scolaire tire à sa fin et que le ministère n'a donc que très peu de temps pour améliorer la situation avant la prochaine rentrée scolaire.