La ministre Beauchamp veut un milieu scolaire mieux arrimé aux entreprises

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp prononce un discours La ministre de l'Éducation Line Beauchamp prononce un discours.  Photo :  PC/Ryan Remiorz

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, prévient les établissements scolaires qu'ils devront agir rapidement, en prévision des emplois à combler au Québec dans les prochaines années.

Devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, vendredi, la ministre Beauchamp a rappelé que 700 000 postes devront être comblés au Québec d'ici 2014. « Les chiffres donnent le vertige. Voilà un vrai enjeu de société », a-t-elle ajouté. Elle invite le milieu scolaire à réagir pour former rapidement des travailleurs qualifiés.

« Il faut aller plus loin. Il faut parler de formation continue. Il faut aussi que les programmes répondent aux besoins des entreprises. Je sais que le ministère de l'Éducation a un rôle à jouer pour cela. Mais j'ajouterai aussi un mot-clé : la vitesse. Il faut définitivement accélérer la vitesse de réponse des réseaux scolaires, secondaire et collégial, aux besoins exprimés par les entrepreneurs. » — Line Beauchamp, ministre de l'Éducation

Elle a aussi invité les employeurs à faire leur part pour assurer la qualification et la réussite scolaire de leurs futurs employés, par divers moyens comme :

  • favoriser les stages en entreprise;
  • faciliter la conciliation travail-études chez les jeunes;
  • limiter le nombre d'heures de travail exigées des jeunes dans leurs entreprises.

Une rencontre doit avoir lieu, au printemps, sur l'adéquation entre les besoins du marché du travail et la formation professionnelle et technique.

Manifestations à l'extérieur

Pendant que la ministre Beauchamp s'adressait au milieu des affaires, des étudiants de Montréal ont manifesté contre la hausse des droits de scolarité prévue pour 2012, devant le Centre Sheraton.

Ils ont dénoncé le double discours tenu par la ministre. Ils lui reprochent de plaider pour l'importance de l'éducation postsecondaire en haussant du même coup les droits de scolarité.

« On veut dénoncer le fait que la ministre parle d'accessibilité, alors que le gouvernement veut hausser les frais de scolarité. 38 % des cas de décrochage à l'université sont dus à des problèmes financiers des étudiants. » — Patricia Boivin, vice-présidente externe de l'Association des étudiants de Polytechnique

La ministre a répondu à ces critiques, vantant la « décision responsable du gouvernement » de hausser les droits de scolarité à l'automne 2012. « Cela est nécessaire pour mieux financer les universités », a-t-elle plaidé.

Journées de la persévérance scolaire

Québec souhaite également améliorer le seuil de réussite scolaire chez les moins de 20 ans. Line Beauchamp en a fait l'annonce en marge des journées de la persévérance scolaire. La ministre de l'Éducation reconnaît que cet objectif est ambitieux, mais croit qu'il peut être réalisé si chacun y met du sien.

Dans la même veine, l'entreprise Rio Tinto Alcan a annoncé qu'elle verserait 13,25 millions de dollars sur cinq ans à trois programmes pour encourager la persévérance scolaire. Trois régions où le taux de décrochage est particulièrement élevé en bénéficieront, soit Montréal, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Mauricie.

À Montréal, environ 67 % des jeunes obtiennent un diplôme avant l'âge de 20 ans. Le ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport souhaite atteindre 77 % d'ici 2020.

Les journées de la persévérance sont des campagnes de lutte contre le décrochage scolaire, créées en Montérégie il y a cinq ans. Cette année, 14 régions du Québec ont organisé jusqu'à vendredi des activités pour augmenter le nombre de jeunes diplômés.