Exclusif - Dans une entrevue exclusive à Radio-Canada, Robert Latimer maintient qu'il a pris la bonne décision en mettant fin aux jours de sa fille de 12 ans, lourdement handicapée, il y a 17 ans.
C'est la première fois qu'il s'exprime publiquement depuis l'obtention de sa libération conditionnelle totale, en décembre dernier.
Aujourd'hui âgé de 57 ans, Robert Latimer a été condamné pour meurtre au second degré pour avoir empoisonné sa fille, Tracy, au monoxyde de carbone. Il a toujours affirmé qu'il avait agi par amour et par compassion envers sa fille.
« C'était difficile, mais ce n'était pas triste », a dit l'ancien fermier de la Saskatchewan en expliquant son geste, qui, à l'époque, avait soulevé un débat au pays. « C'est quelque chose qui devait arriver, selon moi. Les opinions divergent à ce sujet », a-t-il confié à la journaliste Anne-Marie Dussault.
Robert Latimer explique ce que sa fille, qui ne pouvait ni parler, ni marcher, ni se nourrir, a dû traverser : « C'est une torture. Tracy avait subi beaucoup d'épreuves, des opérations au dos et des tiges dans la colonne. »
Après deux procès, des appels successifs jusqu'en Cour suprême et des années de prison, il est toujours aussi en colère contre le système judiciaire et ceux qui osent condamner son geste.
« On m'a accordé plus d'attention qu'à Karla Homolka », déplore-t-il, constatant que l'ex-conjointe de Paul Bernardo, condamnée pour son rôle dans le viol et le meurtre de deux adolescentes ontariennes, s'en est mieux tirée que lui.
Même s'il assure ne pas mener une croisade pour l'euthanasie, Robert Latimer applaudit le débat sur lequel se penche le Québec avec sa Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité.