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La décision du gouvernement conservateur de hausser à 16 ans l'âge du consentement sexuel pour protéger les adolescents de l'exploitation sexuelle n'aurait pas eu l'effet escompté.
C'est du moins ce que conclut Elizabeth Saewyc, professeure en soins infirmiers et en médecine adolescente à l'Université de la Colombie-Britannique, à la lumière d'une vaste étude menée auprès de plusieurs milliers de jeunes Britanno-Colombiens.
En 2008, le gouvernement fédéral avait relevé de 14 à 16 ans l'âge du consentement sexuel au pays pour mettre les jeunes de 14 et 15 ans à l'abri des prédateurs sexuels adultes. Le gouvernement Harper espérait du même coup que la mesure empêcherait les adolescents de prendre de mauvaises décisions concernant leur vie sexuelle.
Les 13 ans et moins sont les plus vulnérables
Selon Elizabeth Saewyc, la mesure n'a pas eu l'impact attendu, car c'est à un plus jeune âge que les enfants sont le plus susceptibles d'être exploités sexuellement ou d'avoir des relations sexuelles avec des adultes.
La chercheuse est arrivée à cette conclusion après avoir consulté les réponses d'un sondage soumis à plus de 29 000 élèves de la 7e à la 12e année, soit l'équivalent du secondaire 1 à la première année de cégep au Québec.
Les résultats du sondage sont aussi troublants qu'éloquents. Parmi les jeunes de 14 et 15 ans, seuls 2 % à 3 % ont affirmé avoir déjà eu des relations sexuelles avec un adulte. Mais chez les jeunes de 12 ans ou moins qui ont affirmé avoir déjà eu des rapports sexuels, 39 % ont affirmé l'avoir fait avec un adulte de 20 ans ou plus.
La même protection que dans l'ancienne loi
Ce qui porte Elizabeth Saewyc à croire que l'ancienne loi fédérale de 1982 sur l'âge du consentement sexuel protégeait tout aussi bien les moins de 13 ans contre l'exploitation sexuelle que la nouvelle loi des conservateurs.
« Le changement dans la loi ne changera rien pour eux [les enfants de 13 ans et moins] », explique la chercheuse dans l'article publié mardi dans le Canadian Journal of Human Sexuality.
Selon l'étude par sondage menée tous les cinq ou six ans depuis 1992 par la McCreary Centre Society, 19 % des jeunes Britanno-Colombiens ont leur première relation sexuelle avant l'âge de 14 ans en 2008. En comparaison, 37 % des jeunes de la province affirmaient avoir perdu leur virginité avant 14 ans en 1992.
Ce qui dénote des changements importants dans les moeurs sexuelles des jeunes.