La Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité
Devant la commission parlementaire sur le droit de mourir dans la dignité, les médecins omnipraticiens et de l'Ordre des infirmières et infirmiers se prononcent contre le suicide assisté, mais se disent favorables à l'euthanasie avec certaines conditions.
Après Montréal et Trois-Rivières, la commission parlementaire sur la question de mourir dans la dignité était à Québec, mardi, où médecins et infirmières se sont prononcés sur le suicide assisté et l'euthanasie.
La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) estime que le développement des soins palliatifs est le meilleur moyen d'accompagner un mourant. L'organisme s'oppose fermement au suicide assisté, mais serait favorable à l'euthanasie avec certaines conditions.
Le président de la FMOQ, Louis Godin, croit que l'euthanasie pourrait être décriminalisée uniquement dans des circonstances exceptionnelles. « L'euthanasie ne devrait être que l'ultime étape permettant d'assurer des soins de qualité, et ce, dans la dignité et le respect de la personne. Selon notre vision des choses, les actes d'euthanasie devraient donc être exceptionnels, voire rarissimes », a-t-il déclaré.
L'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) a tenu un discours similaire. Affirmant que le Québec accuse un retard important en matière de soins palliatifs, l'OIIQ a réclamé lui aussi au gouvernement des investissements plus sérieux dans le développement des soins palliatifs.
L'OIIQ accepterait que l'euthanasie soit décriminalisée dans les cas extrêmes uniquement, lorsque le malade peut s'exprimer et qu'aucun soin ne peut plus le soulager. Les infirmières ont cependant des craintes par rapport aux risques de dérive liés à une éventuelle légalisation.
« On ne veut pas vivre dans une société où ce serait plus facile de mourir que d'être soigné », a déclaré Gyslaine Desrosiers, PDG de l'Ordre des infirmières du Québec.
Depuis le 6 septembre, les parlementaires consultent les Québécois sur les questions du suicide assisté et de l'euthanasie. Un rapport sera déposé à l'Assemblée nationale au printemps 2011. Le gouvernement décidera alors s'il compte donner suite à cette consultation publique.