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Société

Mourir dans la dignité
Plaidoyer pour le cas par cas

Mise à jour le samedi 11 septembre 2010 à 5 h 22

La Commission sur la question de mourir dans la dignité siégera à Montréal jusqu'à vendredi.

Cette semaine, la Commission sur la question de mourir dans la dignité tenait ses travaux à Montréal.

L'un des candidats à la présidence du Collège des médecins du Québec a affirmé devant la Commission Mourir dans la dignité qu'il faut laisser aux ordres professionnels des médecins et des infirmières le soin de traiter au cas par cas les demandes d'euthanasie.

Dans un témoignage livré vendredi matin, le docteur François Desbiens a précisé que le cadre légal actuel ne reflète plus la réalité clinique vécue sur le terrain.

Il a demandé à la Commission de faire confiance aux ordres professionnels pour traiter certains cas où l'euthanasie pourrait être considérée comme un soin approprié. Règle générale, il s'agit de cas où la douleur intense requiert des médicaments si puissants qu'ils ont des effets secondaires intolérables.

Dans certaines circonstances, ils sont forcés de choisir soit d'accepter un certain niveau de souffrance, soit, pour accepter un soulagement véritable du patient, être l'artisan d'un certain abrègement de la vie. Alors, il y a un malaise.

— François Desbiens

Selon le médecin, ses confrères craignent d'être poursuivis s'ils acceptent la demande de leur patient d'accélérer la mort en les soulageant de leur souffrance. Il croit néanmoins qu'il n'y aura pas de dérive si les ordres professionnels encadrent le droit de permettre l'euthanasie dans des cas extrêmes.

En guise de réplique, le président de la Commission, Geoffrey Kelley, a rappelé que d'autres médecins avaient dit au contraire devant la commission qu'il y avait un risque d'abus. Le Dr Desbiens a répondu que ce n'était pas la position du Collège des médecins, ni celle des deux fédérations des médecins omnipraticiens et spécialistes.

La Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité s'est ouverte mardi. Composée d'une quinzaine de députés, elle a pour but de recueillir le point de vue des Québécois sur les questions de l'euthanasie, du suicide assisté, de la sédation terminale, du refus de traitement et de l'acharnement thérapeutique.

Des audiences publiques ont été tenues cette semaine à Montréal. Une quarantaine de témoignages devaient être entendus. La commission se déplacera au cours des prochaines semaines à Trois-Rivières, Québec, Saguenay, Sherbrooke, Gatineau et Rimouski. Une trentaine de journées d'audiences en tout seront tenues. Les travaux devraient être terminés au début de l'année 2011.

D'après un reportage de Caroline Jarry