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Photo: iStock |
Le débat sur la mort dans la dignité dévoile une confusion entre l'acte de l'euthanasie et la sédation palliative, qui consiste à endormir le patient. Cette confusion atteint également le corps médical qui s'interroge sur la nature de l'acte.
Le docteur Patrick Vinay, qui se dit contre l'euthanasie, est favorable à la sédation palliative. Il s'agit d'endormir le patient qui ne répond plus à d'autres traitements pour l'extirper de ses souffrances.
C'est une espèce d'anesthésie générale, réversible et il (le patient) va mourir de causes naturelles.
— Dr Patrick Vinay, chef du service de soins palliatifs, CHUM
Les médecins spécialistes demeurent cependant partagés sur cet acte médical. Environ 48 % d'entre eux assimilent la sédation palliative à l'euthanasie, contre 46 % qui ne considèrent pas la sédation comme un acte d'euthanasie. Cette confusion est justifiée, selon le président de la Fédération des médecins spécialistes
On sait bien, nous, que la sédation palliative, par définition, induit la mort.
— Dr Gaétan Barette, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec
Il demeure une zone grise, et le corps médical s'expose à des poursuites pour un acte criminel, explique Gaétan Barette.
Le Dr Vinay, de son côté, estime que les médecins sont mal informés et c'est ce qui explique cette confusion. Il fait état également d'une fausse perception qui consiste à désigner les sédatifs comme une molécule qui abrège la vie. Ceci n'est pas vrai, martèle ce spécialiste des soins palliatifs.
Au Québec, 11 % des médecins spécialistes pensent que l'euthanasie se pratique souvent, 41 % disent parfois et 29 %, rarement.
L'euthanasie par médication mortelle, comme les barbituriques, est illégale selon le Code criminel canadien.
D'après le reportage de Michel Rochon