Échec partiel de l'aide aux décrocheurs

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne et un reportage de Benoît Giasson

La stratégie d'intervention du gouvernement du Québec pour combattre le décrochage scolaire des jeunes vivant en milieu défavorisé a connu un succès mitigé.

Le programme de Québec visant à contrer le décrochage chez des jeunes défavorisés est un échec partiel, selon des experts universitaires.

C'est la conclusion que tire un groupe de chercheurs de l'Université de Montréal, de l'Université du Québec à Montréal et de l'Université Concordia, qui s'est penché sur la stratégie baptisée « Agir autrement », déployée de 2002 à 2008 pour un coût de 125 millions de dollars.

Les chercheurs notent des améliorations dans les relations entre jeunes et avec les enseignants, ainsi qu'une diminution des conduites délinquantes, de la violence et de la consommation de drogues des jeunes en milieu défavorisé.

Ils soulignent également des changements positifs sur le plan du soutien offert aux élèves en difficulté, bien que ce soutien varie selon les moyens de l'école.

Toutefois, ces effets positifs « ne se sont pas étendus aux apprentissages scolaires ou à la motivation » des jeunes, écrivent les chercheurs. Les analyses « n'indiquent aucune différence significative dans les taux de diplomation » des élèves. De plus, aucune amélioration notable des apprentissages de base en français et en mathématiques n'a été notée.

« On a été trop ambitieux à vouloir tout changer et laisser les écoles décider de tous les changements », soutient Michel Janosz, professeur à l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal.

Le professeur Janosz et son équipe suggèrent donc de conserver ce qui a marché et d'améliorer le reste.

Il a calculé qu'environ 220 $ par élève ont été dépensés dans le cadre de cette stratégie.

Avant d'injecter davantage d'argent, il suggère d'améliorer la formation de ceux qui viennent en aide à ces jeunes et de développer l'expertise en la matière. Il conseille aussi d'intervenir tôt auprès des jeunes.

Au Québec, un élève sur quatre abandonne ses études sans avoir terminé son secondaire.

Réactions

Réagissant par voie de communiqué, la ministre de l'Éducation Line Beauchamp a souligné que des ajustements avaient déjà été apportés depuis le début de la stratégie, notamment un accroissement du soutien et de l'accompagnement déployés par certaines écoles primaires et secondaires.

De son côté, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui représente 60 000 enseignants, s'est dite d'accord avec plusieurs critiques formulées.

« Les gens que nous représentons dans les écoles nous ont dit vouloir donner une chance à ce programme, mais voulaient aussi que des correctifs majeurs soient apportés », écrit la centrale syndicale dans un communiqué.

« Malgré des ratés à corriger, pour l'instant nous croyons encore que ce programme peut donner les résultats attendus », estime le président de la CSQ, Réjean Parent.

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