Logo Radio-Canada
Société

Médicaments
Crainte d'une pénurie

Mise à jour le vendredi 3 septembre 2010 à 12 h 05

medicaments

Photo: OMS

Au Québec, les pharmaciens qui travaillent dans les établissements de santé redoutent les effets que pourrait provoquer une pénurie de certains médicaments.

Depuis environ un an, ils éprouvent de la difficulté à répondre à la demande pour certains types de produits à cause de problèmes d'approvisionnement. Cette situation est également observée ailleurs au pays, notamment au Nouveau-Brunswick. Elle touche tant les médicaments génériques que ceux d'origine.

Ce n'est pas la première fois que le Canada est confronté à une pénurie de médicaments, mais le problème apparaît plus aigu cette fois. Selon Jean-François Bussières, du département de pharmacie à l'Hôpital Sainte-Justine, qui préside aussi le Comité de pharmaciens à Approvisionnement Montréal, une coopérative d'achat de médicaments, la situation pourrait devenir plus préoccupante « tant pour des patients en ambulatoire que pour des soins hospitaliers ».

Selon les pharmaciens québécois, la pénurie touche 100 à 200 produits sur un total d'environ 25 000, y compris ceux destinés à traiter la dépression, les maladies cardiovasculaires, l'hypertension et même le cancer. Certains hôpitaux ont même dû faire venir des médicaments de l'étranger pour répondre à la demande de leurs patients.

Des causes nébuleuses

Les causes de cette pénurie semblent difficiles à établir clairement, d'autant qu'elles semblent multiples.

Certains fabricants se heurtent à une pénurie d'ingrédients sur le marché mondial. Il arrive aussi que les autorités règlementaires comme Santé Canada resserrent les normes de production. Une telle situation peut engendrer des retards dans la chaîne d'approvisionnement.

Sans pouvoir établir un lien, la baisse annoncée du prix des produits génériques pourrait avoir une certaine incidence. En juin dernier, le gouvernement Charest avait annoncé qu'il suivrait l'Ontario dans sa réduction du coût des génériques pour le fixer à 25 % du prix des médicaments d'origine.

L'industrie du médicament générique a réagi fortement en affirmant que certains produits ne pourraient plus être offerts parce qu'ils sont beaucoup moins rentables. Toutefois, selon Daniel Charron, porte-parole de l'Association canadienne du médicament générique pour le Québec, précise qu'il ne faut « absolument pas voir » les difficultés d'approvisionnement actuelles comme étant « une réaction à un lien de cause à effet ».

Les fabricants reprochent plutôt à Québec d'avoir adopté une approche simpliste qui ne prévoit pas, contrairement à l'Ontario, des éléments pour compenser en partie les effets de la baisse de prix. Ils craignent ainsi d'être privés de la moitié de leurs revenus. Cependant, ils insistent pour dire que ce n'est pas encore le cas. Ils nient ainsi avoir l'intention de laisser tomber la production de certains produits.

Les pharmaciens qui oeuvrent dans les établissements de santé se veulent malgré tout rassurants puisque, jusqu'à présent, ils ont réussi à trouver des solutions de remplacement.

Selon des reportages de Bruno Coulombe et de Solveig Miller