Plaidoyer pour des cours d'éducation sexuelle

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Classe Salle de classe (archives)

Des intervenants des milieux de l'éducation et de la santé demandent à la nouvelle ministre québécoise de l'Éducation, Line Beauchamp, de remettre les cours d'éducation sexuelle au programme scolaire.

Devant la hausse des infections sexuellement transmissibles et des grossesses à l'adolescence, une coalition demande au gouvernement Charest de remettre les cours d'éducation sexuelle au programme scolaire.

Ils arguent que la réapparition des infections sexuellement transmissibles (ITS) et le nombre grandissant de grossesses non désirées chez les adolescentes constituent de véritables problèmes de santé publique. Selon eux, la disparition du programme d'éducation sexuelle, en 2001, explique en partie le phénomène.

Selon le Dr Réjean Thomas, les comportements sexuels des jeunes ont changé dans la dernière décennie. L'usage du condom n'est plus valorisé et les jeunes ne sont plus gênés d'avouer qu'ils ont eu des rapports sexuels non protégés. C'était tout le contraire il y a dix ans, rappelle-t-il.

Citant des chiffres du ministère de la Santé et des Services sociaux, la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Alexa Conradi, fait remarquer que, pour la période 2004-2008, il y a cinq fois plus de cas de gonorrhées chez les femmes, particulièrement chez celles âgées entre 15 et 24 ans.

Selon Mme Conradi, il faut offrir des cours d'éducation sexuelle à l'école dès le primaire. Elle estime que les jeunes seront mieux outillés face aux pressions qu'ils pourraient subir, particulièrement à l'adolescence.

L'hypersexualisation dans l'environnement des jeunes doit également être pris en compte, explique pour sa part Rosa Pires du Regroupement québécois des Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel. À défaut d'un cours contrôlé en milieu scolaire, trop de jeunes font leur éducation sexuelle à partir d'Internet et des magazines, fait-elle remarquer.

Les responsables de cette coalition indiquent que leur démarche obtiendra l'appui des participantes de la prochaine Marche mondiale des femmes au Québec, le 14 octobre prochain. Ils en feront une de leurs revendications.