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Société

Relations parents-adolescents
Quand le Québec se compare

Mise à jour le mercredi 28 juillet 2010 à 7 h 49

Le psychologue Michel Claes

Le psychologue Michel Claes

Le psychologue Michel Claes vient de dévoiler les résultats d'une vaste étude menée auprès d'adolescents en France, en Italie et au Québec.

Ce chercheur à la retraite de l'Université de Montréal en ressort avec le constat que les parents québécois sont plus portés que leurs homologues outre-Atlantique à valoriser l'autonomie de leurs enfants.

La discussion et la négociation tiendraient ici une place plus grande dans les relations parents-adolescents qu'en Italie et en France, où l'on est davantage strict et punitif. Une des conséquences en serait que les jeunes québécois gagnent plus tôt en âge en privilèges et en autonomie.

Le chercheur s'est penché sur le type de liens que ces jeunes de différents pays développent avec leurs parents, l'affection exprimée, la forme que prend à leurs yeux l'autorité parentale et comment elle s'exerce.

Il a notamment constaté qu'en ce qui a trait à l'affection qui lie parents et adolescents, elle semble être vécue de la même façon en Italie qu'au Québec. Par contre, les parents français se distingueraient en affichant plus de distance et de froideur.

La fracture Atlantique est cependant nette en ce qui touche l'encadrement, les règles et les punitions. Les jeunes québécois jugent en effet leurs parents plus tolérants et permissifs que leurs vis-à-vis italiens et français.

Le modèle québécois trace l'avenir

M. Claes estime en fait que ce rapport enfants-parents au Québec est à l'image de l'Amérique du Nord, et que la tendance en Occident va en ce sens, notamment chez les populations scolarisées.

En Amérique du Nord, on est plus dans un modèle individualiste qui met l'accent sur le développement de l'autonomie et aussi une philosophie éducative démocratique.

— Michel Claes

Sans trop de surprises, le chercheur a constaté que les parents tendent à minimiser l'impact de leurs propos et de leurs actes, dans les situations de conflit, alors que les adolescents dramatisent quelque peu.

Mais il souligne que des études tendent à démontrer que la perception des jeunes colle davantage à la réalité lorsqu'il s'agit de diagnostiquer une crise familiale.

Entre autonomie et laissez-faire

Le psychoéducateur Maurice Sammut n'est pas étonné par le constat de M. Claes. Il tire toutefois des conclusions quelque peu différentes, à partir de son expérience dans les écoles et auprès des familles.

Il constate une tendance au laissez-faire de certains parents québécois vis-à-vis de leurs enfants, une certaine permissivité qui leur pose éventuellement problème.

Plus les années avancent, plus ils [les parents] voudraient recadrer, mais ce n'est plus possible, parce que l'adolescent va dire : "tu ne m'as jamais dit non pour ça, commence pas aujourd'hui à me dire non pour ça". Alors là, il y a plus de confrontations.

— Maurice Sammut, La Tribune, Radio-Canada

M. Sammut précise qu'il y a une nuance importante entre le laissez-faire et la guidance vers l'autonomie, c'est-à-dire aider les adolescents à prendre des décisions éclairées.

Les parents ont beaucoup de difficulté à mettre des freins, à mettre des limites. Et souvent, beaucoup de parents vont se faire prendre dans le cercle d'argumentation de l'adolescence, et à ce moment-là, ils arrivent deuxièmes.

— Maurice Sammut, La Tribune, Radio-Canada

Les jeunes interrogés dans le cadre de l'étude de M. Claes, âgés de 11 à 19 ans, proviennent de plusieurs écoles publiques de Milan, de Rennes et de Montréal et ses environs.

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