La FTQ-Construction affirme que son directeur général, Richard Goyette, est en congé de maladie pour une période indéterminée et assure qu'il n'a pas démissionné de ses fonctions.
Pendant que des sources confient à Radio-Canada que le directeur général de la FTQ-Construction serait sur le point de quitter ses fonctions, un porte-parole du syndicat indique qu'il est en congé de maladie pour une période indéterminée.
Le responsable des communications du syndicat, Éric Demers, a refusé vendredi de commenter les informations concernant un éventuel congédiement de M. Goyette. Il a précisé que Richard Goyette avait annoncé son départ en congé de maladie aux dirigeants et représentants de la FTQ-Construction mardi dernier.
À l'issue d'une réunion de son comité exécutif, vendredi après-midi, le syndicat a confirmé dans un communiqué que l'actuel vice-président de la FTQ-Construction, Yves Ouellet, assumera l'intérim à la direction générale.
Des sources consultées par Radio-Canada maintiennent toutefois que Richard Goyette serait en voie de quitter ses fonctions. Yves Ouellet le remplacerait en permanence à la direction générale, tandis que Mario Basilico prendrait le relais au poste de M. Ouellet.
De plus, l'arrivée au sein du comité exécutif de la FTQ-Construction du directeur général de l'Union des opérateurs de machinerie lourde, Bernard Girard, rend encore plus crédible la thèse du départ de Richard Goyette.
M. Girard est en effet considéré comme un rival de M. Goyette, qui l'a battu lors des élections de 2008 à la FTQ-Construction, à l'issue d'un vote extrêmement serré. Il serait donc étonnant que Bernard Girard accepte de siéger à la même table que Richard Goyette.
Plusieurs pressions auraient été exercées pour que M. Goyette quitte son poste. Mais, selon les sources de Radio-Canada, la goutte qui aurait fait déborder le vase pour le président du syndicat, Yves Mercure, c'est la présence, le 10 mai dernier, de M. Goyette en compagnie de Jocelyn Dupuis, l'ex-directeur général de la FTQ-Construction, à un match du Canadien au Centre Bell, dont les billets étaient payés par l'entrepreneur de Garnier Construction, Joe Borsellino.
Rappelons que Jocelyn Dupuis, accusé de fraude pour des dépenses exorbitantes mises au jour par Radio-Canada en 2009, avait été arrêté à son retour de vacances, en mars dernier. Quant à M. Borsellino, il aurait amené M. Dupuis et un haut fonctionnaire de la Ville de Montréal, Robert Marcil, en voyage en Italie en 2008.
À la sortie du Centre Bell, MM. Dupuis et Goyette ont croisé Michel Arsenault, qui était en compagnie de son conseiller Gilles Audet. Des sources affirment que Jocelyn Dupuis et Michel Arsenault ont alors eu une discussion animée et qu'ils ont dû être séparés.
Propos colorés
Rappelons que lors d'une récente sortie médiatique, Richard Goyette s'est adonné à un réquisitoire en règle contre les détracteurs de son syndicat, à commencer par les journalistes du Québec, la CSN, le Parti québécois et des commentateurs de la scène politique.
Usant d'un verbe coloré et incisif, il avait dénoncé le « festival de clowns », en réaction aux révélations de l'émission Enquête de Radio-Canada, selon lesquelles des membres de son syndicat se sont livrés à de l'intimidation et à de l'extorsion sur des chantiers de construction sur la Côte-Nord.
Il aurait été secoué par les réactions qu'a suscitées son point de presse. Il est ensuite officiellement parti en vacances, qui se sont transformées en congé de maladie.
Richard Goyette avait brillé par son absence à la conférence de presse du 7 mai dernier, au cours de laquelle le président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Michel Arsenault, avait confirmé le recours aux services de son prédécesseur Henri Massé comme conseiller spécial auprès de la FTQ-Construction.