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Société

Violence dans les écoles
Les enseignants n'en peuvent plus

Mise à jour le jeudi 13 mai 2010 à 0 h 05

La violence à l'école devient insupportable pour les enseignants. La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) dénonce le phénomène qui ne cesse de prendre de l'ampleur et montre du doigt le gouvernement pour son inaction dans ce dossier.

Élèves

La FAE a commandé un sondage, sans en dévoiler la marge d'erreur, qui révèle que 80 % des enseignants sont victimes de violences psychologiques et physiques.

Les témoignages sont nombreux et rapportent des cas vécus au quotidien d'une violence émanant d'élèves aux premières années de scolarisation. Cela se traduit par des gestes de menace comme cet « enfant qui fait le signe de te couper la gorge et qui dit : "Tu vas en manger toute une", un élève de première année ».

« On a peine à croire la violence verbale de certains de ces élèves », souligne Katerie Corbeil, enseignante au primaire. Elle ajoute : « Une élève s'est fâchée. Elle a pris ses ciseaux. Elle a dit : "Tu vois ma paire de ciseaux. Quand tu vas sortir, je vais te l'enfoncer dans le dos. Pis si tu te revires tu vas le recevoir directement dans le coeur." »

Le phénomène est également observé jusque dans les classes préscolaires, comme le fait remarquer l'enseignante Isabelle Sénécal : « On parle de coups de pied au ventre. Une fois, j'ai eu des douleurs qui ont perduré pendant un bon deux semaines. Des gifles au visage, des coups de poing au visage, des coups de pied dans la région des jambes, une fois je me suis fait tordre un sein. »

Le sondage de la Fédération autonome de l'enseignement explique toutefois que ce sont des cas extrêmes, mais la violence des élèves se manifeste surtout par des propos méprisants envers les enseignants. Cela demeure toutefois inacceptable aux yeux du président de la FAE, Pierre St-Germain, pour qui il est temps de prendre des mesures.

Selon M. St-Germain, le ministère de l'Éducation doit déposer un plan d'action pour mettre fin à l'intégration des élèves en trop grande difficulté et embaucher plus de psychologues et de travailleurs sociaux. Il en appelle également à l'implication des parents.

Le président de la Fédération autonome de l'enseignement identifie un « décalage de principe » entre l'école et la maison.

D'après un reportage de Janic Tremblay