Air Canada résiste

Bien que plusieurs compagnies aériennes aient choisi de ne plus servir de noix en raison de l'abondance des cas d'allergies alimentaires, Air Canada continue d'en distribuer à l'intérieur de ses appareils.

Alors qu'une famille demande l'élimination de la distribution de noix dans les avions, la compagnie aérienne accepterait de créer des zones tampons pour les personnes allergiques à ces aliments.

Dans une récente décision, l'Office des transports du Canada demande toutefois à la compagnie aérienne d'établir des zones tampons réservées aux personnes allergiques. Air Canada serait prête à accepter ce compromis sur tous ces appareils.

Par exemple, sur un Boeing 767-300, cinq sièges des rangées 13-14-15, neuf sièges du centre des rangées 20-21-22 et six autres dans les rangées 25 à 27 seraient réservés aux personnes souffrant de telles allergies.

Zones tampons

Une solution sensée?

En Amérique du Nord, une personne sur 100 souffre d'allergie grave aux noix. L'inhalation de particules en suspension est responsable de la grande majorité des réactions allergiques. Ces dernières peuvent commencer dès que plusieurs sacs contenant des noix s'ouvrent en même temps.

Ainsi, selon la Dre Anne Des Roches, spécialiste de l'Hôpital Sainte-Justine, Air Canada prend des risques puisqu'en matière d'allergies, les noix font partie des aliments associés au plus grand nombre de décès.

« Évidemment, si on utilise [les noix] dans un milieu fermé comme un avion et qu'on n'a pas un accès rapide à des soins médicaux en cas de réaction sévère, c'est sûr qu'on s'expose à des risques importants de réaction allergique », précise la Dre Des Roches.

Plainte citoyenne

En janvier dernier, une famille a vécu une expérience difficile en vol en raison du service de noix sur un vol d'Air Canada.

Le petit Victor, 6 ans, a fait une réaction allergique en plein vol. La mère de l'enfant, Marie-Hélène Desnoyers, avait pourtant demandé à l'agent de bord de ne pas vendre des noix dans le vol puisque c'était dangereux pour son fils. « Elle m'a expliqué qu'elle était tenue de vendre des noix, que c'était la politique d'Air Canada », a-t-elle expliqué.

Tout était prêt pour un atterrissage d'urgence à Miami, mais la crise du jeune garçon s'est résorbée après la prise d'un antihistaminique. L'atterrissage d'urgence n'a pas été nécessaire, mais la famille a vécu des émotions fortes.

D'ailleurs, pour Mme Desnoyers, la solution des zones tampons est irréaliste. « On s'entend que, dans le vol précédent, il peut y avoir des gens qui ont mangé des noix exactement à la même place », déplore-t-elle.

Marie-Hélène Desnoyers vient donc de déposer des plaintes chez Air Canada et à l'Office des transports. Elle estime que la seule solution acceptable serait l'élimination des noix à bord des avions bien que, selon les experts, cette décision ne peut garantir un environnement sans risque.

De son côté, Air Canada refuse de commenter l'affaire tant que le processus de consultation ne sera pas terminé.

D'après un reportage de Solveig Miller