Quand la mort devient un jeu

Maxence Bilodeau raconte l'expérience.

La télévision française diffuse Le jeu de la mort, un documentaire mettant en scène une télé-réalité fictive où des participants doivent administrer des chocs électriques de plus en plus violents à de faux concurrents.

La télévision française a diffusé mercredi soir Le jeu de la mort, un documentaire qui met en scène une télé-réalité fictive où des concurrents ont le pouvoir d'administrer à des personnes des chocs électriques de plus en plus violents. L'émission n'est pas sans avoir créé un malaise.

Le documentaire, du réalisateur et producteur français Christophe Nick, reproduit en fait l'expérience scientifique bien connue de Milgram, dans les années 1960.

Au total, 80 personnes ont été invitées à participer à ce qu'on leur a présenté comme étant une émission-pilote de télé-réalité. On leur a dit qu'ils ne gagneraient rien et que l'émission ne serait pas diffusée.

Ainsi, un candidat enfermé dans une pièce doit retenir des associations de mots. Un autre candidat sur le plateau lui pose des questions. Si le premier donne une réponse erronée, le second lui envoie une décharge électrique. Ça commence à 20 volts et ça monte en puissance à chaque mauvaise réponse.

  • À 80 volts, on entend le premier cri du comédien. Le candidat questionneur ignore totalement qu'il s'agit de voix enregistrées, et que l'autre a depuis longtemps quitté les lieux.
  • À 180 volts, le candidat enfermé prétend que la douleur est devenue insoutenable et qu'il veut arrêter. « Là, je veux arrêter! », hurle-t-il. Mais sous la pression de l'animatrice, plusieurs concurrents continuent.
  • À 320 volts, la voix du comédien annonce qu'il n'en peut plus et qu'il ne répondra plus aux questions.
  • À 380 volts, il n'y plus aucune réaction.
  • Et malgré toutes leurs réserves, toujours soumis à la pression de l'animatrice, 81 % des candidats continuent d'administrer des décharges jusqu'au maximum de 460 volts.

Sur les 80 participants, 16 ont refusé d'obéir aux règles du jeu et ont quitté le studio en cours d'enregistrement. Le documentaire tire tout de même cette conclusion de l'exercice :

« Sans contestation possible, on peut organiser la mise à mort d'un individu pour divertissement. » — Le jeu de la mort

Plusieurs participants ont toutefois affirmé avoir senti qu'il s'agissait d'une fausse émission-pilote. Une femme, qui est sortie en pleurs de l'expérience, s'est même excusée auprès du comédien qu'elle croyait être sa victime.

De l'expérience de Stanley Milgram a été tiré le film I comme Icare dont Yves Montand fut un acteur fulgurant.

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