Les déclarations du vice-président de la CSN-Construction sur l'influence de la FTQ au Québec qui serait démesurée ont forcé la présidente de la CSN à intervenir pour tempérer le jeu.
La présidente de la CSN rejette la thèse de son vice-président Construction sur l'influence de la FTQ sur la classe politique. Jean Charest se défend de plier devant la FTQ, tandis que Marois demande une enquête sur le PLQ.
En entrevue au quotidien Le Devoir, Pierre Brassard a avancé que le Fonds de solidarité de la FTQ est devenu une caisse pour les partis politiques. Il laisse entendre que c'est en raison de cette influence qu'aucune enquête publique sur l'industrie de la construction n'a encore été lancée, puisqu'elle révélerait des liens étroits entre différents acteurs.
« Le Fonds participe au financement d'entreprises dont les dirigeants financent le Parti libéral. Tout est rattaché. » a-t-il dit au Devoir.
Sur les ondes de RDI, la présidente de la CSN Claudette Carbonneau a senti le besoin de préciser que son syndicat n'était pas en guerre contre le Fonds de solidarité, ni contre la FTQ ou son président.
Mme Carbonneau refuse par ailleurs de donner crédit aux thèses de M. Brassard sur l'influence de la FTQ et préfère recentrer le débat sur les révélations de l'émission Enquête sur des allégations d'intimidations en Côte-Nord contre des travailleurs de la part de membres de la FTQ-Construction.
Il serait aussi faux, soutient-elle, de croire que se dessine un affrontement entre la CSN et la FTQ, rappelant que la période de changement d'allégeance dans le secteur de la construction était passée, et qu'il n'y aurait pas de campagne de maraudage au cours des prochaines années.
La présidente de la CSN estime que, si on veut lutter contre l'intimidation, il serait alors avisé de modifier la loi qui régit les relations de travail, une loi qu'elle juge « totalement déficiente ».
Quant au président de la FTQ, Michel Arsenault, il a déclaré vendredi qu'il n'avait pas eu connaissance d'intimidations sur les chantiers de construction. Il s'est porté à la défense des membres de son syndicat et de ceux de la FTQ-Construction. Il a dit avoir envoyé une équipe inspecter les chantiers la semaine dernière, et que rien ne lui permet de croire que de telles situations se produisaient.
Charest se défend de plier devant la FTQ
Le premier ministre du Québec n'est pas resté indifférent aux déclarations du vice-président de la CSN-Construction comme quoi la FTQ intimidait les partis politiques et empêchait la tenue d'une enquête publique.
Questionné en marge de la Commission jeunesse du Parti libéral, Jean Charest a insisté sur l'indépendance de son parti envers les groupes de pression.
« La FTQ n'a jamais donné d'appui politique au parti libéral du Québec. [...] Au parti libéral du Québec, on a les mains totalement libres. On n'est pas attaché à des syndicats, ni à des entreprises, ni à d'autres partis politiques fédéraux. On est un parti politique indépendant », a-t-il dit.
Jean Charest rappelle qu'historiquement, c'est le Parti québécois qui est lié à la FTQ.
Marois veut une enquête sur le PLQ
Pauline Marois
De Québec, où elle préside un colloque de son parti sur la création de richesse, Pauline Marois a une nouvelle fois attaquée les libéraux pour leur refus de tenir une commission d'enquête publique sur la construction.
Elle a d'ailleurs été jusqu'à dresser un parallèle entre le salaire annuel de 75 000 dollars que verse le PLQ à Jean Charest depuis qu'il dirige le parti, et ses réticences à lancer une telle commission.
« Je pose la question : est-ce possible que Jean Charest hésite de mordre la main qui le nourrit, est-ce que ça expliquerait pourquoi le premier ministre refuse de déclencher une enquête publique sur la construction? », rappelant que le PLQ tire ses revenus, comme tout parti, en faisant de la sollicitation auprès de donateurs privés.