Fin du temps double

Prison

Une nouvelle loi ne permet plus aux juges de compter en double les jours passés en détention préventive et, par le fait même, de réduire ainsi les peines qu'ils prononcent.

Les juges ne peuvent plus compter en double les jours passés par les accusés en détention préventive et réduire en conséquence la peine qu'ils prononcent éventuellement à leur encontre.

Depuis l'entrée en vigueur d'une nouvelle loi le 22 février dernier, chaque jour en détention préventive compte désormais pour une seule journée pour l'établissement de la peine.

Plusieurs personnes, comme le ministre fédéral de la justice Rob Nicholson, accusaient les avocats de faire traîner des dossiers pour ainsi accumuler du temps en double.

C'est aussi le le cas du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, qui croit que désormais les avocats de la défense cesseront de tenter de gagner du temps pour réduire la peine de leurs clients.

Mais de son côté, Jean-Claude Bernheim, de l'Office des droits des détenus, considère que cette loi n'aura aucun effet sur la surpopulation carcérale. Il constate qu'environ la moitié des prévenus sont détenus moins de sept jours et l'autre moitié entre une semaine et six mois. Ceux qui restent, soit seulement moins de 1 %, le sont pour plus de six mois.

Stéphane Lemaire, le président du Syndicat des agents de la paix, croit que ses membres vont accueillir cette mesure avec réalisme. Une révolution n'est pas en vue, mais un allègement de la tâche est sans doute possible.

« J'imagine et j'espère que les gens qui font du temps pour éviter le fédéral, et qui restent prévenus plus longtemps, que ça va diminuer. » — Stéphane Lemaire

Il n'en reste pas moins que les intervenants sont unanimes pour dire que la solution passe par la réhabilitation des criminels. Plutôt que de les jeter en prison, il vaut mieux s'assurer qu'ils ne reviennent plus dans le système carcéral.

D'après un reportage d'Isabelle Richer