Les spécialistes imperturbables

Une vidéo sur la malbouffe Le site de la campagne « L'expertise a un prix »

La Fédération des médecins spécialistes fait peu de cas des critiques que soulève sa campagne publicitaire télévisée, qui prône de nouvelles taxes. Le nom de la fédération, qui réclame un rattrapage salarial, n'y apparaît pas.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) rejette du revers de la main les critiques que soulève sa nouvelle campagne publicitaire télévisée « L'expertise a un prix », qui prône l'imposition de nouvelles taxes.

Les publicités suggèrent différentes avenues pour regarnir les coffres de l'État québécois.

Or, aucun des messages ne mentionne que la Fédération des médecins spécialistes du Québec, qui incidemment réclame un rattrapage salarial annuel minimum de 4 %, est à l'origine de cette campagne publicitaire. Chacun d'entre eux renvoie plutôt à un site web, lexpertiseaunprix.com.

Dans une série de quatre messages télévisés, chacun d'une durée de 30 secondes, la fédération propose ainsi une taxe sur la malbouffe, une autre sur l'eau embouteillée, et suggère d'imposer les grandes entreprises qui consomment beaucoup d'électricité et les entreprises manufacturières qui « utilisent 46 % de notre eau ».

Autres avenues explorées dans quatre autres messages de 15 secondes: exiger en redevances 12 % des profits des sociétés minières, forcer ces dernières à décontaminer les sites abandonnés et diminuer le prix versé aux compagnies pharmaceutiques qui fabriquent des génériques. Le coût actuel de la construction des routes est lui aussi critiqué.

Une inititiative qui manque d'éthique?

Gaétan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) Dr Gaétan Barrette, président de la FMSQ (archives)

La FMSQ n'estime pas que sa campagne pose problème.

« On lance une idée qui est détaché de son auteur, et c'est volontaire, pour que les gens débattent de l'idée », affirme le président du groupe professionnel d'intérêts, Dr Gaétan Barrette.

Aux yeux de Christian Désilets, professeur de publicité sociale à l'Université Laval, le commanditaire aurait pourtant dû être identifié, compte tenu de la teneur des messages et des objectifs poursuivis par la fédération, qui s'apprête à négocier avec le gouvernement.

« Dès qu'il y a une tentative de manipulation ou d'influence de l'opinion publique et que ça se fait à visière baissée, ça pose un sérieux problème éthique, estime-t-il, surtout pour une fédération. » — Christian Désilets, professeur de publicité sociale

Selon le code canadien des normes de la publicité, la personne morale qui fait de la publicité engagée doit être clairement identifiée.

Le deuxième volet de la campagne publicitaire de la fédération se retrouvera en ondes dès dimanche.

La semaine dernière, l'Association minière du Québec a critiqué les messages, jugés inappropriés.

Notamment d'après un reportage de Louiselle Lévesque

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