Le site What's up Gangstars
Des voix dénoncent le site What's up Gangstars, lancé il y a quelques mois par l'entreprise Saputo, parce que les images véhiculées sont sexistes et s'inspirent de la culture des gangs de rue.
Quelques voix s'élèvent pour critiquer le site bilingue What's up Gangstars, lancé par l'entreprise alimentaire Saputo il y a quelques mois. La compagnie en fait la promotion dans ses boîtes de gâteaux Jos Louis, dans lesquelles se trouvent des autocollants à l'effigie du site qui indiquent en outre son adresse Internet.
Il s'agit d'un blogue destiné aux adolescents et aux jeunes adultes tenu par une marionnette qui recourt abondamment à un vocabulaire anglais.
Si ce site fait la promotion des attraits de Montréal, c'est la culture gangsta rap qu'il diffuse qui s'attire les critiques. Certaines vidéos intégrées au site utilisent des images montrant une sexualité qui met en valeur des femmes en petite tenue, la violence et l'argent, des thèmes prisés par ce style musical. On y trouve par exemple des vidéos comme Fireman, du rapper américain Lil Wayne, récemment condamné pour possession d'arme.
Pour le travailleur communautaire bénévole Gerry Neree, il est clair que les images véhiculées sur le site s'inspirent des gangs de rue. « On essaie d'apprendre aux jeunes à s'en sortir, mais si la communauté commence à dire que c'est cool, le jeune devient mêlé », déplore-t-il.
La Coalition nationale contre les publicités sexistes dénonce pour sa part l'utilisation de l'image de la femme que véhicule le site. Les vidéos mises sur le site, déplore la présidente de l'organisme, Chantal Locat, incluent des scénarios « toujours très stéréotypés, sexistes et sexuels », dans lesquels les femmes sont « séductrices ou soumises ».
Elle juge qu'en mettant de telles vidéos sur son site, Saputo approuve cette image de la femme et en fait la promotion. « Je trouve ça peu éthique de leur part », dit-elle.
Chez Saputo, on a refusé d'accorder une entrevue devant les caméras de Radio-Canada. Une porte-parole a cependant fait valoir que le site visait à mettre en valeur les artistes de Montréal qui sont populaires auprès des jeunes et que, de toute façon, les vidéos en question sont facilement accessibles sur d'autres sites web.
Saputo n'en est pas à sa première initiative publicitaire controversée. L'an dernier, l'entreprise a reconnu sa culpabilité à une accusation d'avoir fait de la publicité destinée aux enfants avec ses barres tendres Igor.
D'après un reportage de Benoît Giasson