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Lobbyisme

BPR encore sur la sellette

Mise à jour le mardi 9 février 2010 à 18 h 39

Exclusif
St-Irénée, dans la région de Charlevoix.

St-Irénée, dans la région de Charlevoix.

Le commissaire au lobbyisme du Québec, François Casgrain, ouvre une nouvelle enquête sur la firme de génie-conseil BPR.

Radio-Canada a appris que le commissaire au lobbyisme enquête officiellement sur les activités de l'entreprise à St-Irénée, dans la région de Charlevoix, concernant de possibles manquements à la Loi sur le lobbyisme.

Depuis des années, BPR est la firme privilégiée par les élus de St-Irénée. Elle reçoit en général les contrats sans appel d'offres, conformément aux règles municipales en vigueur.

Ainsi, c'est BPR qui a obtenu le contrat pour la conception de la toute nouvelle usine de traitement de l'eau potable, encore une fois sans appel d'offres.

Dans le dossier de ce contrat, Radio-Canada a appris qu'un ingénieur de BPR a participé en 2005 à une rencontre entre le maire de St-Irénée et un attaché politique au cabinet du ministre des Affaires municipales. L'objectif était d'obtenir de Québec un financement quasi complet du projet de 3,5 millions de dollars. Le financement est finalement arrivé en 2008.

Paul Lafleur, le président du conseil de BPR, possède une résidence à St-Irénée. Il a aussi été président du conseil d'administration du Domaine Forget, un centre culturel qui est le principal consommateur d'eau potable de la municipalité.

L'an dernier, le maire de St-Irénée, Pierre Boudreault, révélait qu'il a participé à des voyages de pêche offerts par BPR à la fin des années 1990.

Christian Denis, ingénieur

Christian Denis, ingénieur

« On a déjà été en voyage de pêche avec eux-autres, ils nous amenaient mais il n'y a plus rien qui se fait à l'heure actuelle. [...] Ça a duré quelques années », disait M. Boudreault, qui n'a cependant pas voulu commenter les récents développements.

Christian Denis, un ingénieur qui possède une petite compagnie spécialisée en hydrogéologie et qui a déjà obtenu des mandats à St-Irénée, est un des rares à remettre ouvertement en question la façon de faire de certaines grosses firmes de génie-conseil.

« C'est sûr il y a beaucoup de lobbying qui se fait. Il y a beaucoup de cadeaux qui se donnent by the side. Il y a des soupers bien arrosés, des parties de hockey au Centre Bell [...] toutes sortes de choses comme ça. [...] C'est un côté de l'ingénieur que je n'aime pas tellement disons », dit-il.

Quant à BPR, l'entreprise a déjà émis un communiqué dans lequel elle réclame que la Loi sur le lobbyisme soit clarifiée afin de rendre plus compréhensibles les règles d'exercice de la profession d'ingénieur.

Une deuxième enquête en six mois

Rappelons que le 26 janvier dernier, le commissaire au lobbyisme rendait public un rapport relevant 84 infractions à la Loi sur le lobbyisme à la suite d'une enquête sur les activités de BPR à Rivière-du-Loup.

Une semaine plus tard, le député libéral de la circonscription de Rivière-du-Loup, Jean D'Amour, a admis sa culpabilité à une infraction à la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme commise en 2009, alors qu'il travaillait pour la firme d'ingénierie BPR de Rivière-du-Loup.

D'après un reportage de Maxime Poiré, de l'émission La Facture.