Gaston Marcoux
Exclusif - Dans le premier d'une série de reportages de l'équipe d'Enquête, un opérateur de machinerie lourde témoigne des difficultés rencontrées lorsqu'il a décidé de dénoncer le travail au noir dans son secteur.
Les ouvriers de la construction qui veulent dénoncer le travail au noir dans leur industrie n'ont pas la tâche facile. L'opérateur d'équipement lourd Gaston Marcoux en a fait l'expérience ces derniers mois.
Un conflit de travail avec son ex-employeur l'a amené à faire plusieurs démarches auprès de la Commission de la construction du Québec (CCQ), de la Commission des normes du travail (CNT) et du Protecteur du citoyen.
Gaston Marcoux a tenté auprès de chacun de ces organismes de dénoncer le travail au noir dont il avait été témoin chez son ex-employeur. Il a discuté avec six fonctionnaires différents. Quatre d'entre eux ne l'ont pas dirigé vers le ministère du Revenu, ce qu'ils auraient pourtant dû faire:
Même son de cloche du côté d'André Martin, porte-parole de la CCQ, qui admet que la lutte contre le travail au noir fait partie de sa mission. Il promet que la situation sera corrigée.
Un engagement similaire à bien diriger les citoyens vers le ministère approprié existe aussi au Protecteur du citoyen, inscrit dans sa déclaration de services.
Le peu d'empressement des fonctionnaires à stopper l'évasion fiscale choque Gaston Marcoux, d'autant plus que celui qui fait des démarches contre le travail au noir dans la construction en paie le prix.
Si les organismes gouvernementaux avaient envoyé Gaston Marcoux au ministère du Revenu, il aurait pu déposer une plainte anonyme, par téléphone. Quelque 300 employés de Revenu Québec s'occupent du travail au noir dans la construction. Cette pratique répandue fait perdre près de 900 millions de dollars chaque année au trésor public.
D'après un reportage de Chantal Francoeur.
Des reportages d'Éric Plouffe et de Gino Harel sur le travail au noir suivront mercredi et jeudi.