Un « chrétien humaniste »



C'est chez les Clercs de Saint-Viateur à l'Académie Querbes que Michel Chartrand a fait son primaire. Il a fait ses premières années d'études classiques au Collège Jean-de-Brébeuf et comme pensionnaire au Collège de Sainte-Thérèse.

À l'adolescence, vers 17 ans, il est insatisfait des écoles qu'il fréquente. Il se fait alors moine cistercien à la Trappe d'Oka.

Michel Chartrand Michel Chartrand
« Quand j'étais à Oka [...] j'ai lu beaucoup de poésie. Les psaumes, c'était de la poésie. C'était extraordinaire et le Cantique des cantiques en latin: "Mon bien-aimé, couche-moi sur un lit de roses, couvre-moi de fleurs de pommiers, parce que je meurs d'amour pour toi" [...] Ça continue comme ça pendant longtemps, le Cantique des cantiques, c'est très beau. » — Michel Chartrand, Un homme de parole, film d'Alain Chartrand, avril 1991

Il quittera l'ordre religieux pour des raisons de santé après avoir passé deux années dans le silence. C'est vraisemblablement un exploit hors du commun pour cet homme qui, plus tard, soulèvera les foules avec ses discours enflammés.

« La charité chrétienne, la vraie, consiste à respecter les autres. [...] Peu importe si l'homme exagère dans ses désirs personnels. L'important, c'est que son désir et sa volonté soient aussi forts quand il s'agit des autres. » — Michel Chartrand en entrevue à la télévision de Radio-Canada, 1968

Plus tard, après son passage à la Trappe d'Oka, Michel Chartrand s'inscrira à l'Université de Montréal, à la Faculté des sciences sociales, économiques et politiques. Il se nourrit alors des cours d'histoire de l'abbé Lionel Groulx tout en fréquentant l'École des Sciences sociales du père Georges-Henri Lévesque.

C'est à cette époque qu'il amorce son militantisme, d'abord en politique, puis dans le mouvement coopératif, le tout, il va sans dire, solidement arrimé à l'autel d'une incessante action syndicale.