L'action politique



Michel Chartrand a d'abord été actif au sein des mouvements catholiques et nationalistes. Par exemple, tout en suivant des cours de typographie chez les Frères des Écoles chrétiennes dans les années 1930, il fait du bénévolat pour le mouvement Jeunesse indépendante catholique (JIC). Il devient aussi secrétaire des Jeunesses patriotes.

Ce groupe nationaliste goûtera assez tôt à la déjà très forte personnalité du jeune Chartrand. Les Jeunesses patriotes veulent accorder leur appui à Maurice Duplessis aux prochaines élections. Michel Chartrand s'y oppose catégoriquement et se rallie aussitôt à l'Action libérale nationale (ALN). Paul Gouin, un dissident de l'Union nationale, vient de fonder ce parti. En 1938 Michel Chartrand en devient l'organisateur politique.

Michel Chartrand en 1996 Michel Chartrand en 1996
« Duplessis m'a mis en prison sept fois, et si on érigeait un monument à Duplessis aujourd'hui, je paierais ma cotisation, car il ne m'a jamais trompé. Duplessis disait qu'il était contre les syndicats [...] qu'il allait nous mettre en prison, et tout à coup il le faisait, donc il ne nous a jamais menti. » — Michel Chartrand, au congrès du CCSNM, 1976

Comme de nombreux jeunes, Michel Chartrand est appelé en 1941 à suivre un entraînement militaire, même si la conscription n'est pas encore obligatoire. Il se joint au Corps école des officiers de l'Université de Montréal, mais il est renvoyé après seulement un mois d'entraînement militaire. Il refusait de remplir les formulaires unilingues anglais.

« Si on n'a pas le courage de prendre les moyens nécessaires pour sauver la langue française, il faut avoir le courage de dire aux générations qui s'en viennent qu'on s'en va vers une assimilation nécessaire à brève échéance. » — Michel Chartrand dans Maintenant, octobre 1971

Le 11 juin 1945, Michel Chartrand se présente aux élections comme candidat pour le Bloc populaire canadien. En 1942, il avait été un des fondateurs de ce parti et avait organisé la campagne de Jean Drapeau, le candidat des conscrits. Michel Chartrand milite aussi contre la conscription avec la Ligue de défense du Canada tout en travaillant comme typographe à l'imprimerie Stella.

Michel Chartrand Michel Chartrand venu appuyer les étudiants de la Coalition de l'Association pour une solidarité syndicale élargie (CASSEE) en 2005

Dix ans plus tard, vers 1955, Pierre E. Trudeau, Gérard Pelletier et Jean-Paul Geoffroy invitent Michel Chartrand à rejoindre les rangs du CCF, le parti de la Cooperative Commonwealth Federation. Le CCF est un parti socialiste dont la présidente de l'aile québécoise est Thérèse Casgrain.

En 1956, le CCF devient au Québec le Parti social-démocrate (PSD). Le chef provincial de cette formation est nul autre que Michel Chartrand, qui succède à Mme Casgrain.

En 1958, M. Chartrand est candidat pour le PSD à Arvida aux élections fédérales. Il obtient 7042 voix, ce que d'aucuns qualifient de victoire morale.

« J'ai commencé à m'occuper de politique à 18 ans et j'en ai aujourd'hui 54. J'ai été de tous les partis sauf libéral, créditiste et union nationale. Maintenant, je ne m'identifie à aucun. Mais quand on aura un parti socialiste, j'y adhérerai à deux mains. » — Michel Chartrand, dans Le Nouveau Samedi, 18 septembre 1971

Une autre défaite attend Michel Chartrand dans une élection partielle provinciale en 1959 au Lac Saint-Jean. Après cet échec, il fonde l'imprimerie Les Presses sociales avec laquelle il publiera des recueils de poésie et des essais, notamment de Gilles Vigneault, Pierre Vadeboncoeur et Claude Péloquin, le premier recueil de Denis Vanier, Je, et des conventions collectives de travail.

Il publiera aussi la revue Our generation Against Nuclear War de Dimitri Roussopoulos, la Revue socialiste et le journal Le Peuple, organe du Parti socialiste du Québec (le PSQ dont il sera le président).

En 1963, Michel Chartrand se dissocie du CCF, qui est devenu le Nouveau Parti démocratique (NPD), parce qu'il ne partage pas les idées des néo-démocrates sur la question du Québec et des armes nucléaires. M. Chartrand fonde alors le Parti socialiste du Québec.

Alors qu'il est président du Conseil central des syndicats nationaux de Montréal, Michel Chartrand participe à la fondation du FRAP, le Front d'action politique, un parti municipal qui s'oppose au maire Jean Drapeau.

« [...] le FRAP était terroriste, disait Drapeau, parce qu'il avait des salles qui avaient été payées par le Conseil central et que le président du Conseil central était terroriste [...] Alors, M. Drapeau m'a traité de terroriste. » — Michel Chartrand, au congrès du CCSNM, 1971

Michel Chartrand participe aussi à la fondation du Front du Québec français (FQF). Il prononce des discours partout au Québec contre le projet de loi 63 sur la langue, que présente l'Union nationale.

En 1998, Michel Chartrand se présente comme candidat indépendant contre Lucien Bouchard dans Jonquière. Au « déficit zéro » de Lucien Bouchard, Michel Chartrand répond avec son slogan « pauvreté zéro! » et propose la création d'un revenu de citoyenneté. M. Chartrand termine troisième avec 14,8 % des voix.

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